Née le 27 octobre 1967
Au Havre
Mariée, deux enfants
Carrément Bio : une aventure entrepreunariale et humaine à remarquer
Carrément Bio est une boutique de vente et de conseils en cosmétiques, maquillages et compléments nutritionnels entièrement naturels et bios. La boutique, située au numéro 7 de la rue du Vieux Marché à Orléans, a ouvert ses portes en septembre 2009. Actuellement sans salarié, la créatrice, Céline Gemmo, compte bien développer son activité en diversifiant son offre par de nouveaux services. Forte d’une longue expérience dans le domaine des médecines douces, la créatrice possède une sacrée force de caractère et tient absolument à rester indépendante. Non franchisée et ne tenant pas à l’être, elle choisit avec une grande attention ses fournisseurs et les produits qu’elle cautionne. « Je veux le meilleur de chacun d’eux » et par conséquent ne prend pas tout chez l’un ou l’autre. Cet engagement fort est peut-être la clé du succès de son activité qui augmente de mois en mois.
Quelques chiffres clés :
600 références
2000 produits en stock
30 fournisseurs différents
Fichier client de plus de 300 personnes dont 70% de clients réguliers
Date clé : Septembre 2009 : ouverture de la boutique
Contact : 0952595153
Horaires d’ouverture : le mardi de 10h à 19h, le mercredi 12h à 19h et du jeudi au samedi de 10h à 19h, fermé le lundi
Twideco : Pouvez-vous revenir en quelques mots sur votre parcours professionnel ?
Céline GEMMO : J’ai préparé et obtenu un DEUG d’anglais donc, de formation en tout cas, je n’ai rien à voir avec mon domaine actuel. Assez tôt, j’ai eu ma première fille et il m’a fallu rapidement trouver un travail. J’ai occupé différents postes d’assistante de direction bilingue tout en commençant, déjà, à connaître des problèmes de santé. J’ai eu ma deuxième fille, puis je suis tombée malade. J’avais un quotidien horriblement douloureux et l’allopathie, la médecine traditionnelle, était impuissante à soulager ma douleur. C’est alors que je me suis intéressée aux médecines douces. J’ai suivi différentes formations à l’université en aromathérapie, phytothérapie, naturopathie etc., mais elles ne sont malheureusement pas reconnues en France. Elles me servent néanmoins beaucoup dans mon quotidien personnel, d’une part, et maintenant professionnel.
Twideco : Comment en êtes-vous arrivée à cette création d’entreprise ? Représentait-elle une envie depuis toujours ?
Céline GEMMO : Pas vraiment. Vous l’avez compris, mon parcours professionnel est plutôt chaotique. Finalement, mes problèmes de santé en ont toujours fait partie. Il se trouve que lorsque l’on manque régulièrement le travail, il est très difficile de rester dans le circuit. Et puis, comme je suis d’une nature curieuse avec un esprit scientifique et cartésien, je voulais comprendre pourquoi ces méthodes douces marchaient sur moi lorsque la médecine traditionnelle ne pouvait rien pour me soulager. J’ai donc plongé mon nez là-dedans, cela m’a passionné et j’y suis restée… (Rires). Cela a donc commencé de cette façon. Par ailleurs, comme j’étais une fana de cosmétiques, j’en ai profité pour me former en chimie. J’ai alors découvert qu’il y avait beaucoup de choses qui ne me plaisaient pas dans les cosmétiques que j’utilisais. J’en suis donc arrivée à m’intéresser à la cosmétique bio et à faire le tri entre ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, même bio.
Twideco : Finalement, on peut dire que vous avez été amenée à la création d’entreprise « grâce à » votre maladie ?
Céline GEMMO : Exactement. A priori, si je n’avais pas eu mes soucis de santé, je ne me serais pas forcément penchée sur ce domaine-là, je ne me serais pas spécialisée, je n’aurais pas pu aider les autres et donc en venir à créer ma propre structure. C’est, en effet, grâce à ma maladie, qu’aujourd’hui, je suis entrepreneur. De plus, les succès médicaux que j’ai personnellement connus grâce à ces médecines douces m’ont donné énormément de poids et de crédibilité vis-à-vis de mon entourage car ils ont pu mesurer les résultats par eux-même.
Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Céline GEMMO : J’aime le contact humain et surtout, j’adore conseiller autrui. Il faut savoir que, si j’ai ouvert un fond de commerce, c’est, certes, d’abord pour gagner ma vie, mais, au bout du compte, ce qui me plaît le plus, c’est d’informer et de conseiller les gens. Il me semble juste que plus j’informe, plus ils sauront faire leurs choix et choisir en toute connaissance de cause leurs produits. Par conséquent, plus ils orienteront leurs choix vers le type de produits que je cautionne moins les fabricants mettrons de cochonneries dans ce qu’ils fabriquent. C’est mon credo de base. Avant d’ouvrir la boutique, je faisais déjà du conseil. Mon entourage voyait que cela marchait pour moi, alors on me demandait conseil. De fil en aiguille, je conseillais des personnes assez éloignées de moi, géographiquement parlant, et que je ne connaissais pas forcément. Je commandais des produits pour eux et tout cela de façon purement informelle, bénévole et officieuse. Puis, l’idée m’est venue d’en faire un métier.
Twideco : Vous décidez donc de créer votre activité. Comment cela s’est-il passé ? Votre handicap, ne se voyant pas, a-t-il joué un rôle dans cette création ?
Céline GEMMO : Mon handicap, même invisible, a pleinement joué un rôle dans cette création d’entreprise puisque c’est la première fois que j’ai dû avouer que je suis travailleur handicapé. Je suis en invalidité, en catégorie qui me permettrait de ne pas travailler, depuis très longtemps. Mais il faut savoir que personnellement, ce n’est pas un statut facile à accepter. Moi, je ne voulais pas l’accepter. Aussi, même avec ce statut, je travaillais en tant qu’assistante de direction. Et, après chaque rechute qui m’avait obligé à quitter mon ancien poste, je reprenais un nouveau travail en cachant mon handicap. Mais cela ne dure qu’un temps. Mon mari travaillant pour l’insertion des personnes handicapées, m’a expliqué qu’en tant que travailleur handicapé, j’avais des droits et même, qu’il existait des aides pour la création d’entreprise. C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pouvais plus le nier. Je me suis sentie prête à le dire et, par conséquent, à créer mon entreprise. J’ai été soutenue dans mon projet par l’AGEFIPH, dans le cadre de mon statut de travailleur handicapé. Et pour la première fois de ma vie, je l’ai dit.
Twideco : C’est une démarche qui n’est pas évidente, j’imagine. Comment avez-vous vécu cette étape ?
Céline GEMMO : J’ai mis plus de 10 ans à accepter l’idée que je suis travailleur handicapé et invalide. Cela m’a été annoncé à l’âge de 30 ans et j’en ai 42 aujourd’hui (rires). Cette notion est déjà difficile à accepter mais, même si mon handicap est sans commune mesure incomparable à celui d’un handicapé moteur ou un déficient visuel, j’avoue que le fait qu’il soit invisible ajoute à la complexité de la chose. Je me permets de dire cela car je connais personnellement beaucoup de personnes handicapées et nous échangeons beaucoup sur nos expériences de vie. Evidemment qu’il est plus simple de marcher que d’être en fauteuil, la question ne se pose même pas, mais il est vrai que, dans le cas de mon handicap qui est invisible, il existe une étape supplémentaire avec laquelle j’ai dû apprendre à vivre ; le moment où je dois l’annoncer. C’est alors que le regard des gens change, il devient quelques fois comme un reproche que cela ne se voie pas. De plus, le dire, entraîne des questions auxquelles je n’ai pas toujours envie de répondre car cela relève de l’intime, et cela n’est pas toujours forcément bien compris. A partir du moment où cela ne se voit pas, les gens se permettent des questions qu’ils n’oseraient jamais demander à mon ami en fauteuil ou celui qui est déficient visuel. Que j’en dise trop ou pas assez, c’est une réflexion type souvent pensée même si régulièrement tue.
Twideco : Vous ne voulez pas répondre aux questions une fois l’annonce du handicap passée mais vous sentez-vous néanmoins différente en tant qu’entrepreneur du fait de ce handicap ?
Céline GEMMO : Bien sûre que je me sens différente. Vous savez, quand on traîne un handicap comme celui-ci depuis de longues années, on se sent forcément globalement différent de tout le monde et donc en tant qu’entrepreneur également. Et puis, on a de toute façon un statut différent. Mais, pour le coup, dans mon cas, je suis quasiment la seule, dans mon monde professionnel à le savoir, puisque cela ne se voit pas. Je me sens, d’ailleurs, d’autant plus seule dans mon questionnement au quotidien. Par contre, au niveau de la création, j’ai beaucoup été aidée. Je reste néanmoins convaincue que j’ai connu des facilités du fait que mon mari travaille dans le milieu de l’emploi des personnes handicapées. Il m’a ouvert des portes qui s’ouvrent, certes, à toutes les personnes dans mon cas mais qu’il faut connaître et savoir trouver. Moi, j’avais la chance de savoir que ça existait et où il fallait aller.
Twideco : Pensez-vous qu’à l’heure actuelle, en France, les personnes atteintes d’un handicap continuent de penser que la création d’entreprise n’est pas faite pour elles ? Diriez-vous que la question ne se pose même pas et que, finalement, le choix se résume à rester salarié ou comme vous le disiez à bénéficier de son statut d’handicapé ?
Céline GEMMO : Peut-être, oui. En tout cas, nous ne sommes pas assez informés. Il faut aller soi-même à la pêche aux informations et quand le processus est lancé, c’est difficile. La maladie se déclare, on est mis en invalidité sans trop savoir ce que cela signifie, ni à quoi on a droit, ni ce que l’on devient pour la société. Bref, où est notre place ? Telle est notre questionnement. C’est vrai que sans mon mari, je n’aurais peut-être jamais seulement pensé à la création d’entreprise. La communication autour de ces soutiens est encore très pauvre en France. C’est tout le travail de mon mari. Beaucoup de personnes handicapées en France n’ont même pas conscience qu’ils ont des droits et qu’ils sont au moins aussi capables que les valides. Néanmoins, ce n’est pas simple. Il faut savoir que, quand on est travailleur handicapé, les assurances ne jouent pas le jeu. Soit elles sont hors de prix, soit elles ne nous assurent pas du tout. Mon mari a dû se porter caution et de telles attitudes nous marginalisent encore un peu plus dans la création d’entreprise.
Twideco : Il y a eu votre projet de création, vous avez avoué votre handicap, et maintenant, c’est fait, vous êtes entrepreneur et possédez votre propre fond de commerce. Au jour le jour, comment cela se passe-t-il ?
Céline GEMMO : Je suis autonome. L’AGEFIPH est néanmoins toujours là au cas où. Je peux les contacter et ils me suivront si j’en ai le besoin ou en fait la demande. Concernant mes clients, ils ne savent pas. Ce n’est pas affiché sur ma boutique donc le regard n’est pas différent. Ils n’en n’ont pas conscience. Parfois, lorsqu’ils se confient sur des maladies ou des pathologies qu’ils rencontrent, je leur livre que, moi aussi, j’ai eu des soucis de santé et que tel ou tel produit a pu m’aider mais cela ne va pas plus loin.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entreprenariat des minorités et la perception globale de la population envers les personnes handicapées ?
Céline GEMMO : De part la profession de mon mari, je sais qu’il existe des volontés fortes de la part des entreprises et de l’État pour l’entrepreneuriat des minorités et particulièrement des personnes handicapées. Cela dit, entre les volontés et le réel, il existe encore un grand fossé : le regard des gens. Dans la société actuelle, et notamment dans les boutiques, commerces ou restaurants, les personnes possédant un handicap visible restent encore en marge. Dévisagées, elles sont encore cachées alors que, pour certains handicaps, elles seraient tout à même d’effectuer des travaux encore réservés aux valides. Selon moi, c’est donc du côté du regard de la population qu’il faut encore creuser.
Twideco : Et vous, personnellement, comment voyez-vous l’avenir ? Cette création d’entreprise représente-t-elle une victoire personnelle contre votre handicap déjà acquise ou encore en cours ?
Céline GEMMO : Cette création d’entreprise est arrivée dans ma vie comme un vrai défi. Vous savez, cela me fait certes vivre, mais je n’avais pas besoin de cela pour gagner ma vie. C’est un peu comme une bataille, mais une bataille que je ne serais jamais sûre de gagner. Cela n’a aucun rapport avec l’activité de mon entreprise, ni de mon CA ou de mon bilan, ni même de l’aide que j’ai pu recevoir. Cela relève de moi. Il faut savoir que, dans la vie, quelques fois, l’envie ne suffit pas car on ne peut malheureusement pas tout maîtriser. Quoi il en soit, c’est déjà une réussite. J’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup gagné et me suis prouvé énormément de choses. Mais le plus beau des retours m’est donné par mes clients, sans même qu’ils le sachent, quand ils me remercient des conseils trouvés chez moi. Donc cette victoire, déjà acquise mais également toujours en cours, sera perpétuelle. Qui dit rechute, dit forcément que, par le passé, il y a eu un haut, un bas, mais surtout, et c’est d’ailleurs le plus important, à nouveau un haut.
Carrément Bio est une boutique de vente et de conseils en cosmétiques, maquillages et compléments nutritionnels entièrement naturels et bios. La boutique, située au numéro 7 de la rue du Vieux Marché à Orléans, a ouvert ses portes en septembre 2009. Actuellement sans salarié, la créatrice, Céline Gemmo, compte bien développer son activité en diversifiant son offre par de nouveaux services. Forte d’une longue expérience dans le domaine des médecines douces, la créatrice possède une sacrée force de caractère et tient absolument à rester indépendante. Non franchisée et ne tenant pas à l’être, elle choisit avec une grande attention ses fournisseurs et les produits qu’elle cautionne. « Je veux le meilleur de chacun d’eux » et par conséquent ne prend pas tout chez l’un ou l’autre. Cet engagement fort est peut-être la clé du succès de son activité qui augmente de mois en mois.
Quelques chiffres clés :
600 références
2000 produits en stock
30 fournisseurs différents
Fichier client de plus de 300 personnes dont 70% de clients réguliers
Date clé : Septembre 2009 : ouverture de la boutique
Contact : 0952595153
Horaires d’ouverture : le mardi de 10h à 19h, le mercredi 12h à 19h et du jeudi au samedi de 10h à 19h, fermé le lundi
Twideco : Pouvez-vous revenir en quelques mots sur votre parcours professionnel ?
Céline GEMMO : J’ai préparé et obtenu un DEUG d’anglais donc, de formation en tout cas, je n’ai rien à voir avec mon domaine actuel. Assez tôt, j’ai eu ma première fille et il m’a fallu rapidement trouver un travail. J’ai occupé différents postes d’assistante de direction bilingue tout en commençant, déjà, à connaître des problèmes de santé. J’ai eu ma deuxième fille, puis je suis tombée malade. J’avais un quotidien horriblement douloureux et l’allopathie, la médecine traditionnelle, était impuissante à soulager ma douleur. C’est alors que je me suis intéressée aux médecines douces. J’ai suivi différentes formations à l’université en aromathérapie, phytothérapie, naturopathie etc., mais elles ne sont malheureusement pas reconnues en France. Elles me servent néanmoins beaucoup dans mon quotidien personnel, d’une part, et maintenant professionnel.
Twideco : Comment en êtes-vous arrivée à cette création d’entreprise ? Représentait-elle une envie depuis toujours ?
Céline GEMMO : Pas vraiment. Vous l’avez compris, mon parcours professionnel est plutôt chaotique. Finalement, mes problèmes de santé en ont toujours fait partie. Il se trouve que lorsque l’on manque régulièrement le travail, il est très difficile de rester dans le circuit. Et puis, comme je suis d’une nature curieuse avec un esprit scientifique et cartésien, je voulais comprendre pourquoi ces méthodes douces marchaient sur moi lorsque la médecine traditionnelle ne pouvait rien pour me soulager. J’ai donc plongé mon nez là-dedans, cela m’a passionné et j’y suis restée… (Rires). Cela a donc commencé de cette façon. Par ailleurs, comme j’étais une fana de cosmétiques, j’en ai profité pour me former en chimie. J’ai alors découvert qu’il y avait beaucoup de choses qui ne me plaisaient pas dans les cosmétiques que j’utilisais. J’en suis donc arrivée à m’intéresser à la cosmétique bio et à faire le tri entre ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, même bio.
Twideco : Finalement, on peut dire que vous avez été amenée à la création d’entreprise « grâce à » votre maladie ?
Céline GEMMO : Exactement. A priori, si je n’avais pas eu mes soucis de santé, je ne me serais pas forcément penchée sur ce domaine-là, je ne me serais pas spécialisée, je n’aurais pas pu aider les autres et donc en venir à créer ma propre structure. C’est, en effet, grâce à ma maladie, qu’aujourd’hui, je suis entrepreneur. De plus, les succès médicaux que j’ai personnellement connus grâce à ces médecines douces m’ont donné énormément de poids et de crédibilité vis-à-vis de mon entourage car ils ont pu mesurer les résultats par eux-même.
Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Céline GEMMO : J’aime le contact humain et surtout, j’adore conseiller autrui. Il faut savoir que, si j’ai ouvert un fond de commerce, c’est, certes, d’abord pour gagner ma vie, mais, au bout du compte, ce qui me plaît le plus, c’est d’informer et de conseiller les gens. Il me semble juste que plus j’informe, plus ils sauront faire leurs choix et choisir en toute connaissance de cause leurs produits. Par conséquent, plus ils orienteront leurs choix vers le type de produits que je cautionne moins les fabricants mettrons de cochonneries dans ce qu’ils fabriquent. C’est mon credo de base. Avant d’ouvrir la boutique, je faisais déjà du conseil. Mon entourage voyait que cela marchait pour moi, alors on me demandait conseil. De fil en aiguille, je conseillais des personnes assez éloignées de moi, géographiquement parlant, et que je ne connaissais pas forcément. Je commandais des produits pour eux et tout cela de façon purement informelle, bénévole et officieuse. Puis, l’idée m’est venue d’en faire un métier.
Twideco : Vous décidez donc de créer votre activité. Comment cela s’est-il passé ? Votre handicap, ne se voyant pas, a-t-il joué un rôle dans cette création ?
Céline GEMMO : Mon handicap, même invisible, a pleinement joué un rôle dans cette création d’entreprise puisque c’est la première fois que j’ai dû avouer que je suis travailleur handicapé. Je suis en invalidité, en catégorie qui me permettrait de ne pas travailler, depuis très longtemps. Mais il faut savoir que personnellement, ce n’est pas un statut facile à accepter. Moi, je ne voulais pas l’accepter. Aussi, même avec ce statut, je travaillais en tant qu’assistante de direction. Et, après chaque rechute qui m’avait obligé à quitter mon ancien poste, je reprenais un nouveau travail en cachant mon handicap. Mais cela ne dure qu’un temps. Mon mari travaillant pour l’insertion des personnes handicapées, m’a expliqué qu’en tant que travailleur handicapé, j’avais des droits et même, qu’il existait des aides pour la création d’entreprise. C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pouvais plus le nier. Je me suis sentie prête à le dire et, par conséquent, à créer mon entreprise. J’ai été soutenue dans mon projet par l’AGEFIPH, dans le cadre de mon statut de travailleur handicapé. Et pour la première fois de ma vie, je l’ai dit.
Twideco : C’est une démarche qui n’est pas évidente, j’imagine. Comment avez-vous vécu cette étape ?
Céline GEMMO : J’ai mis plus de 10 ans à accepter l’idée que je suis travailleur handicapé et invalide. Cela m’a été annoncé à l’âge de 30 ans et j’en ai 42 aujourd’hui (rires). Cette notion est déjà difficile à accepter mais, même si mon handicap est sans commune mesure incomparable à celui d’un handicapé moteur ou un déficient visuel, j’avoue que le fait qu’il soit invisible ajoute à la complexité de la chose. Je me permets de dire cela car je connais personnellement beaucoup de personnes handicapées et nous échangeons beaucoup sur nos expériences de vie. Evidemment qu’il est plus simple de marcher que d’être en fauteuil, la question ne se pose même pas, mais il est vrai que, dans le cas de mon handicap qui est invisible, il existe une étape supplémentaire avec laquelle j’ai dû apprendre à vivre ; le moment où je dois l’annoncer. C’est alors que le regard des gens change, il devient quelques fois comme un reproche que cela ne se voie pas. De plus, le dire, entraîne des questions auxquelles je n’ai pas toujours envie de répondre car cela relève de l’intime, et cela n’est pas toujours forcément bien compris. A partir du moment où cela ne se voit pas, les gens se permettent des questions qu’ils n’oseraient jamais demander à mon ami en fauteuil ou celui qui est déficient visuel. Que j’en dise trop ou pas assez, c’est une réflexion type souvent pensée même si régulièrement tue.
Twideco : Vous ne voulez pas répondre aux questions une fois l’annonce du handicap passée mais vous sentez-vous néanmoins différente en tant qu’entrepreneur du fait de ce handicap ?
Céline GEMMO : Bien sûre que je me sens différente. Vous savez, quand on traîne un handicap comme celui-ci depuis de longues années, on se sent forcément globalement différent de tout le monde et donc en tant qu’entrepreneur également. Et puis, on a de toute façon un statut différent. Mais, pour le coup, dans mon cas, je suis quasiment la seule, dans mon monde professionnel à le savoir, puisque cela ne se voit pas. Je me sens, d’ailleurs, d’autant plus seule dans mon questionnement au quotidien. Par contre, au niveau de la création, j’ai beaucoup été aidée. Je reste néanmoins convaincue que j’ai connu des facilités du fait que mon mari travaille dans le milieu de l’emploi des personnes handicapées. Il m’a ouvert des portes qui s’ouvrent, certes, à toutes les personnes dans mon cas mais qu’il faut connaître et savoir trouver. Moi, j’avais la chance de savoir que ça existait et où il fallait aller.
Twideco : Pensez-vous qu’à l’heure actuelle, en France, les personnes atteintes d’un handicap continuent de penser que la création d’entreprise n’est pas faite pour elles ? Diriez-vous que la question ne se pose même pas et que, finalement, le choix se résume à rester salarié ou comme vous le disiez à bénéficier de son statut d’handicapé ?
Céline GEMMO : Peut-être, oui. En tout cas, nous ne sommes pas assez informés. Il faut aller soi-même à la pêche aux informations et quand le processus est lancé, c’est difficile. La maladie se déclare, on est mis en invalidité sans trop savoir ce que cela signifie, ni à quoi on a droit, ni ce que l’on devient pour la société. Bref, où est notre place ? Telle est notre questionnement. C’est vrai que sans mon mari, je n’aurais peut-être jamais seulement pensé à la création d’entreprise. La communication autour de ces soutiens est encore très pauvre en France. C’est tout le travail de mon mari. Beaucoup de personnes handicapées en France n’ont même pas conscience qu’ils ont des droits et qu’ils sont au moins aussi capables que les valides. Néanmoins, ce n’est pas simple. Il faut savoir que, quand on est travailleur handicapé, les assurances ne jouent pas le jeu. Soit elles sont hors de prix, soit elles ne nous assurent pas du tout. Mon mari a dû se porter caution et de telles attitudes nous marginalisent encore un peu plus dans la création d’entreprise.
Twideco : Il y a eu votre projet de création, vous avez avoué votre handicap, et maintenant, c’est fait, vous êtes entrepreneur et possédez votre propre fond de commerce. Au jour le jour, comment cela se passe-t-il ?
Céline GEMMO : Je suis autonome. L’AGEFIPH est néanmoins toujours là au cas où. Je peux les contacter et ils me suivront si j’en ai le besoin ou en fait la demande. Concernant mes clients, ils ne savent pas. Ce n’est pas affiché sur ma boutique donc le regard n’est pas différent. Ils n’en n’ont pas conscience. Parfois, lorsqu’ils se confient sur des maladies ou des pathologies qu’ils rencontrent, je leur livre que, moi aussi, j’ai eu des soucis de santé et que tel ou tel produit a pu m’aider mais cela ne va pas plus loin.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entreprenariat des minorités et la perception globale de la population envers les personnes handicapées ?
Céline GEMMO : De part la profession de mon mari, je sais qu’il existe des volontés fortes de la part des entreprises et de l’État pour l’entrepreneuriat des minorités et particulièrement des personnes handicapées. Cela dit, entre les volontés et le réel, il existe encore un grand fossé : le regard des gens. Dans la société actuelle, et notamment dans les boutiques, commerces ou restaurants, les personnes possédant un handicap visible restent encore en marge. Dévisagées, elles sont encore cachées alors que, pour certains handicaps, elles seraient tout à même d’effectuer des travaux encore réservés aux valides. Selon moi, c’est donc du côté du regard de la population qu’il faut encore creuser.
Twideco : Et vous, personnellement, comment voyez-vous l’avenir ? Cette création d’entreprise représente-t-elle une victoire personnelle contre votre handicap déjà acquise ou encore en cours ?
Céline GEMMO : Cette création d’entreprise est arrivée dans ma vie comme un vrai défi. Vous savez, cela me fait certes vivre, mais je n’avais pas besoin de cela pour gagner ma vie. C’est un peu comme une bataille, mais une bataille que je ne serais jamais sûre de gagner. Cela n’a aucun rapport avec l’activité de mon entreprise, ni de mon CA ou de mon bilan, ni même de l’aide que j’ai pu recevoir. Cela relève de moi. Il faut savoir que, dans la vie, quelques fois, l’envie ne suffit pas car on ne peut malheureusement pas tout maîtriser. Quoi il en soit, c’est déjà une réussite. J’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup gagné et me suis prouvé énormément de choses. Mais le plus beau des retours m’est donné par mes clients, sans même qu’ils le sachent, quand ils me remercient des conseils trouvés chez moi. Donc cette victoire, déjà acquise mais également toujours en cours, sera perpétuelle. Qui dit rechute, dit forcément que, par le passé, il y a eu un haut, un bas, mais surtout, et c’est d’ailleurs le plus important, à nouveau un haut.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 22 Mars 2010 à 09:52
Originaire du Togo, Guy AMEGEE est l’heureux propriétaire de plusieurs magasins Optic 2000 qui permettent à ce créateur d’afficher très largement sa démarche commerciale. Optic 2000, c’est aujourd’hui une enseigne très porteuse puisqu’elle est numéro 1 sur le marché de l’optique.
Twideco : Pouvez-vous revenir sur votre parcours en quelques phrases ?
Guy AMEGEE : Après mon bac scientifique, je me suis tourné vers le monde de l’optique. Je suis passé par la faculté de biologie pendant un an avant de préciser mes souhaits d’avenir et de préparer mon BTS d’optique. Ces deux ans m’ont permis ensuite de travailler chez des opticiens parisiens et creusois. En 1995, j’ai créé mon premier magasin d’optique. Etant jeune et n’ayant pas beaucoup de finances, j’ai choisi de m’appuyer sur une enseigne forte et c’est ainsi que j’ai intégré le réseau Optic 2000. Nous sommes tous des opticiens associés qui fonctionnons quasiment indépendamment les uns des autres mais sous la même enseigne.
Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
Guy AMEGEE : Etudiant, pour arriver à quelque chose, j’ai cherché un métier qui ne connaisse pas le chômage, qui soit intéressant mais également lucratif. Je voulais que ce soit un métier d’échanges car j’avais déjà la fibre commerçante et commerciale en moi.
Twideco : Quelles sont vos origines sociales ?
Guy AMEGEE : Mon père est vétérinaire sur Châteaudun depuis que nous sommes arrivés en France. Je suis d’origine Togolaise. Je viens donc de l’Afrique Noire.
Twideco : Au cours de votre vie professionnelle ainsi qu’au moment de la création de votre société, votre couleur de peau vous a-t-elle été préjudiciable ?
Guy AMEGEE : Au départ, oui. Ma couleur de peau a été une faiblesse mais c’est également une force. Quand j’ai décidé de monter ma boîte, je ne voulais surtout pas ouvrir une enseigne de…, mais plutôt mon propre magasin, Amégée Optique. Malheureusement, j’ai senti des blocages. J’ai connu de nombreux refus de financements même avec un apport. On m’a fait sentir que je ne correspondais pas à « l’entrepreneur type », que l’on ne croyait pas en moi, ni en ma réussite. Et tout cela, à cause de ma couleur de peau. Il m’a donc fallu passer par une enseigne nationale qui, elle, m’a permis me montrer ma valeur. Depuis, c’est l’effet inverse qui se produit. Le bouche à oreille fonctionne bien et une fois que les retours sont positifs, ils permettent de monter très vite. Combien de fois j’entends dire de moi : « Tiens, c’est le noir qui m’a vendu ces lunettes… Il est très bien ».
Twideco : Vous a-t-on déjà déconseillé de poursuivre votre voie à cause de vos origines ?
Guy AMEGEE : Mon père nous a appris très tôt les choses de la vie. Sachant que l’on est d’origine étrangère, il nous a expliqué qu’il serait beaucoup plus difficile d’y arriver que les autres. Le seul moyen de réussir serait donc de travailler deux fois plus car pour les mêmes compétences, nous serions toujours dévalorisés par rapport à un blanc. C’est la règle et c’est ce que j’apprends à ma fille.
Twideco : Pensez-vous que les personnes de couleurs soient moins bien prises au sérieux que les autres dans le monde des affaires ?
Guy AMEGEE : Quand je suis arrivé dans le monde de l’optique, on m’a pris pour un rigolo. Personnellement, à partir du moment où l’on ne me prend pas au sérieux, et ce, sans me connaître, ni sans savoir ce que je vaux, je reste tranquillement en dormance à observer et ensuite seulement, je montre ce que je sais faire, sans prétention ni énervement. J’ai donc fait mon petit bonhomme de chemin, sans me vexer. J’ai ouvert un magasin puis un deuxième et maintenant, je suis propriétaire de quatre magasins. Ca, c’est ma revanche.
Twideco : La revanche, ça représente une motivation supplémentaire ?
Guy AMEGEE : Tout à fait. Quand ma fille rentre de l’école en disant « on s’est moqué de moi, on m’a traité de sale noire », je lui dis que c’est l’apprentissage de la vie. Je lui explique que ça va toujours se passer comme cela dans sa vie et que ça lui permet de se forger un mental pour l’avenir. Il faut se battre au quotidien et les portes sont rarement ouvertes. J’ai d’ailleurs une anecdote qui illustre bien cela. J’ai passé, un jour, un entretien téléphonique avec un homme qui allait devenir mon futur patron. L’entretien s’était très bien passé mais il avait dit à sa secrétaire qu’il m’avait trouvé un petit accent. Il voulait me faire venir pour s’assurer que je n’étais pas noir. Non pas qu’il était raciste mais parce que sa clientèle était un peu réticente à la diversité. J’ai fait l’entretien, qui s’est très bien passé, et j’ai été pris mais il a fallu que je sois excellent. C’est pour cela que je dis qu’il faut vraiment être meilleur que les autres pour s’affirmer en tant que minorité ethnique.
Twideco : Comment pensez-vous que les choses pourraient changer ?
Guy AMEGEE : Je souhaite que les mentalités changent mais je ne sais pas si elles le pourront. Quand je vois autour de moi le nombre de jeunes qui cherchent, ne serait-ce qu’un stage, et qui n’en trouvent pas alors qu’ils sont tout aussi compétents que d’autres, je ne suis pas convaincu que les mentalités changeront un jour. Il m’est arrivé d’aller chez le cuisiniste dernièrement pour acheter une cuisine. Le cuisiniste m’a dit : « celle-ci est certainement un peu cher pour vous, allez voir celle là. » Pour les voitures, c’est pareil. Les mentalités et les préjugés ont la vie dure. Hormis se battre pour se faire accepter, je ne vois pas d’autres solutions. Nous ne pouvons pas attendre que les mentalités changent pour avancer, si tant est, qu’elles changent un jour.
Twideco : L’Etat se doit-il d’intervenir sur ces problématiques ?
Guy AMEGEE : Je ne pense pas que l’Etat doive intervenir. On ne peut pas imposer une loi ni des quotas. C’est à nous de nous affirmer. Je pense que c’est notre rôle, à nous qui avons réussi, de montrer l’exemple à toutes les minorités que l’ont peut y arriver.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entrepreneuriat des minorités ?
Guy AMEGEE : Actuellement, l’entrepreneuriat des minorités se trouve à majorité dans les domaines du nettoyage ou du gardiennage, domaines en équilibres très précaires. Une entreprise ouvre chaque jour et deux ferment le lendemain. Beaucoup de personnes issues des minorités souhaitent entreprendre et ce, dans le but de sortir de la précarité en créant leur propre emploi. Mais ce n’est pas donner à tout le monde d’entreprendre, comme on veut nous le faire croire. Tout le monde en est, certes, capable, mais pour cela il faut se former. La création d’entreprise, la fiscalité, le droit, etc.… ça s’apprend. Dans ce sens, je me sens vraiment une mission de donner l’exemple. Je me suis formé, j’ai eu le culot de m’affirmer en tant que tel et enfin, j’ai accepté de m’intégrer et de me mélanger. Dans mes agences, je ne pratique pas l’exclusion que j’ai connue. J’ai deux asiatiques, deux magrébins, cinq blancs, et un autre noir. Je ne fais pas de différences et je pense que c’est la clé de la réussite de l’avenir de l’entrepreneuriat des minorités.
Twideco : Quelques mots sur la situation actuelle de vos agences ?
J’ai démarré sur le magasin de la Source il y a 15 ans. Ensuite, j’en ai créé un deuxième que j’ai localisé à St Jean le Blanc. Le seul magasin que j’ai eu à racheter est un magasin qui se situe dans le centre Leclerc à Olivet. Enfin, il y a 4 mois, nous avons ouvert un magasin, en association avec mon frère, dans la zone de St-Pryvé Candolle. Il démarre très bien.
Twideco : Quelles sont vos perspectives pour 2010 ?
Il y a des projets en cours mais ils sont encore un peu confidentiels. Rappelez-moi dans six mois et je devrais avoir de bonnes nouvelles à vous donner.
Twideco : Sur quels axes stratégiques travaillez-vous ?
Nous travaillons le cœur du marché, nous ne sommes ni trop haut de gamme ni trop bas de gamme. Nous sommes assez populaires aujourd’hui car nous communiquons beaucoup avec Johnny Hallyday. Concernant mes magasins, les Amégées, j’ai axé notre démarche vers les comités d’entreprises. Nous sommes quasiment les seuls opticiens de la zone à nous déplacer d’entreprises en entreprises pour proposer des partenariats avec les entreprises. Il nous arrive également de faire des dépistages visuels lors de nos visites. C’est très simple : nous contrôlons s’il y a un besoin ou pas de lunettes. Et si besoin il y a, nous envoyons la personne chez l’ophtalmologue.
Nous avons également une sensibilité à l’humanitaire. Nous récupérons les anciennes lunettes, en boutique et en entreprise, des possesseurs-porteurs de lunettes pour les envoyer dans le tiers monde. Il arrive même que l’on se déplace nous-mêmes pour aller équiper des enfants ou des adultes dans le Tiers-monde, au Burkina Faso en particulier. Nous faisons cela dans le cadre de l’association Jérémie qui fonctionne avec Optic 2000.
Guy AMEGEE : Après mon bac scientifique, je me suis tourné vers le monde de l’optique. Je suis passé par la faculté de biologie pendant un an avant de préciser mes souhaits d’avenir et de préparer mon BTS d’optique. Ces deux ans m’ont permis ensuite de travailler chez des opticiens parisiens et creusois. En 1995, j’ai créé mon premier magasin d’optique. Etant jeune et n’ayant pas beaucoup de finances, j’ai choisi de m’appuyer sur une enseigne forte et c’est ainsi que j’ai intégré le réseau Optic 2000. Nous sommes tous des opticiens associés qui fonctionnons quasiment indépendamment les uns des autres mais sous la même enseigne.
Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
Guy AMEGEE : Etudiant, pour arriver à quelque chose, j’ai cherché un métier qui ne connaisse pas le chômage, qui soit intéressant mais également lucratif. Je voulais que ce soit un métier d’échanges car j’avais déjà la fibre commerçante et commerciale en moi.
Twideco : Quelles sont vos origines sociales ?
Guy AMEGEE : Mon père est vétérinaire sur Châteaudun depuis que nous sommes arrivés en France. Je suis d’origine Togolaise. Je viens donc de l’Afrique Noire.
Twideco : Au cours de votre vie professionnelle ainsi qu’au moment de la création de votre société, votre couleur de peau vous a-t-elle été préjudiciable ?
Guy AMEGEE : Au départ, oui. Ma couleur de peau a été une faiblesse mais c’est également une force. Quand j’ai décidé de monter ma boîte, je ne voulais surtout pas ouvrir une enseigne de…, mais plutôt mon propre magasin, Amégée Optique. Malheureusement, j’ai senti des blocages. J’ai connu de nombreux refus de financements même avec un apport. On m’a fait sentir que je ne correspondais pas à « l’entrepreneur type », que l’on ne croyait pas en moi, ni en ma réussite. Et tout cela, à cause de ma couleur de peau. Il m’a donc fallu passer par une enseigne nationale qui, elle, m’a permis me montrer ma valeur. Depuis, c’est l’effet inverse qui se produit. Le bouche à oreille fonctionne bien et une fois que les retours sont positifs, ils permettent de monter très vite. Combien de fois j’entends dire de moi : « Tiens, c’est le noir qui m’a vendu ces lunettes… Il est très bien ».
Twideco : Vous a-t-on déjà déconseillé de poursuivre votre voie à cause de vos origines ?
Guy AMEGEE : Mon père nous a appris très tôt les choses de la vie. Sachant que l’on est d’origine étrangère, il nous a expliqué qu’il serait beaucoup plus difficile d’y arriver que les autres. Le seul moyen de réussir serait donc de travailler deux fois plus car pour les mêmes compétences, nous serions toujours dévalorisés par rapport à un blanc. C’est la règle et c’est ce que j’apprends à ma fille.
Twideco : Pensez-vous que les personnes de couleurs soient moins bien prises au sérieux que les autres dans le monde des affaires ?
Guy AMEGEE : Quand je suis arrivé dans le monde de l’optique, on m’a pris pour un rigolo. Personnellement, à partir du moment où l’on ne me prend pas au sérieux, et ce, sans me connaître, ni sans savoir ce que je vaux, je reste tranquillement en dormance à observer et ensuite seulement, je montre ce que je sais faire, sans prétention ni énervement. J’ai donc fait mon petit bonhomme de chemin, sans me vexer. J’ai ouvert un magasin puis un deuxième et maintenant, je suis propriétaire de quatre magasins. Ca, c’est ma revanche.
Twideco : La revanche, ça représente une motivation supplémentaire ?
Guy AMEGEE : Tout à fait. Quand ma fille rentre de l’école en disant « on s’est moqué de moi, on m’a traité de sale noire », je lui dis que c’est l’apprentissage de la vie. Je lui explique que ça va toujours se passer comme cela dans sa vie et que ça lui permet de se forger un mental pour l’avenir. Il faut se battre au quotidien et les portes sont rarement ouvertes. J’ai d’ailleurs une anecdote qui illustre bien cela. J’ai passé, un jour, un entretien téléphonique avec un homme qui allait devenir mon futur patron. L’entretien s’était très bien passé mais il avait dit à sa secrétaire qu’il m’avait trouvé un petit accent. Il voulait me faire venir pour s’assurer que je n’étais pas noir. Non pas qu’il était raciste mais parce que sa clientèle était un peu réticente à la diversité. J’ai fait l’entretien, qui s’est très bien passé, et j’ai été pris mais il a fallu que je sois excellent. C’est pour cela que je dis qu’il faut vraiment être meilleur que les autres pour s’affirmer en tant que minorité ethnique.
Twideco : Comment pensez-vous que les choses pourraient changer ?
Guy AMEGEE : Je souhaite que les mentalités changent mais je ne sais pas si elles le pourront. Quand je vois autour de moi le nombre de jeunes qui cherchent, ne serait-ce qu’un stage, et qui n’en trouvent pas alors qu’ils sont tout aussi compétents que d’autres, je ne suis pas convaincu que les mentalités changeront un jour. Il m’est arrivé d’aller chez le cuisiniste dernièrement pour acheter une cuisine. Le cuisiniste m’a dit : « celle-ci est certainement un peu cher pour vous, allez voir celle là. » Pour les voitures, c’est pareil. Les mentalités et les préjugés ont la vie dure. Hormis se battre pour se faire accepter, je ne vois pas d’autres solutions. Nous ne pouvons pas attendre que les mentalités changent pour avancer, si tant est, qu’elles changent un jour.
Twideco : L’Etat se doit-il d’intervenir sur ces problématiques ?
Guy AMEGEE : Je ne pense pas que l’Etat doive intervenir. On ne peut pas imposer une loi ni des quotas. C’est à nous de nous affirmer. Je pense que c’est notre rôle, à nous qui avons réussi, de montrer l’exemple à toutes les minorités que l’ont peut y arriver.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entrepreneuriat des minorités ?
Guy AMEGEE : Actuellement, l’entrepreneuriat des minorités se trouve à majorité dans les domaines du nettoyage ou du gardiennage, domaines en équilibres très précaires. Une entreprise ouvre chaque jour et deux ferment le lendemain. Beaucoup de personnes issues des minorités souhaitent entreprendre et ce, dans le but de sortir de la précarité en créant leur propre emploi. Mais ce n’est pas donner à tout le monde d’entreprendre, comme on veut nous le faire croire. Tout le monde en est, certes, capable, mais pour cela il faut se former. La création d’entreprise, la fiscalité, le droit, etc.… ça s’apprend. Dans ce sens, je me sens vraiment une mission de donner l’exemple. Je me suis formé, j’ai eu le culot de m’affirmer en tant que tel et enfin, j’ai accepté de m’intégrer et de me mélanger. Dans mes agences, je ne pratique pas l’exclusion que j’ai connue. J’ai deux asiatiques, deux magrébins, cinq blancs, et un autre noir. Je ne fais pas de différences et je pense que c’est la clé de la réussite de l’avenir de l’entrepreneuriat des minorités.
Twideco : Quelques mots sur la situation actuelle de vos agences ?
J’ai démarré sur le magasin de la Source il y a 15 ans. Ensuite, j’en ai créé un deuxième que j’ai localisé à St Jean le Blanc. Le seul magasin que j’ai eu à racheter est un magasin qui se situe dans le centre Leclerc à Olivet. Enfin, il y a 4 mois, nous avons ouvert un magasin, en association avec mon frère, dans la zone de St-Pryvé Candolle. Il démarre très bien.
Twideco : Quelles sont vos perspectives pour 2010 ?
Il y a des projets en cours mais ils sont encore un peu confidentiels. Rappelez-moi dans six mois et je devrais avoir de bonnes nouvelles à vous donner.
Twideco : Sur quels axes stratégiques travaillez-vous ?
Nous travaillons le cœur du marché, nous ne sommes ni trop haut de gamme ni trop bas de gamme. Nous sommes assez populaires aujourd’hui car nous communiquons beaucoup avec Johnny Hallyday. Concernant mes magasins, les Amégées, j’ai axé notre démarche vers les comités d’entreprises. Nous sommes quasiment les seuls opticiens de la zone à nous déplacer d’entreprises en entreprises pour proposer des partenariats avec les entreprises. Il nous arrive également de faire des dépistages visuels lors de nos visites. C’est très simple : nous contrôlons s’il y a un besoin ou pas de lunettes. Et si besoin il y a, nous envoyons la personne chez l’ophtalmologue.
Nous avons également une sensibilité à l’humanitaire. Nous récupérons les anciennes lunettes, en boutique et en entreprise, des possesseurs-porteurs de lunettes pour les envoyer dans le tiers monde. Il arrive même que l’on se déplace nous-mêmes pour aller équiper des enfants ou des adultes dans le Tiers-monde, au Burkina Faso en particulier. Nous faisons cela dans le cadre de l’association Jérémie qui fonctionne avec Optic 2000.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Mars 2010 à 09:22
Originaire du Maroc, Mohamed El Idrissi est le jeune dirigeant de la Société Transpers. Mohamed surfe sur la vague des services à la personne. Dirigeant posé, réfléchi dont le charisme est une leçon d’entrepreneuriat pour de nombreux jeunes créateurs d’entreprise en herbe.
1er demi-finaliste Créador
Twideco : Pouvez-vous revenir sur votre parcours en quelques phrases ?
Mohamed EL IDRISSI : J’ai 32 ans. J’ai effectué mes études dans le domaine de l’économie et ai obtenu un DEA Economie et Finance à l’université d’Orléans ainsi qu’un DESS Epargne et Placements Financier à l’université d’Angers. Avant de créer ma société TRANSPERS, j’ai occupé le poste de conseiller clientèle à la Banque Populaire pendant un an et demi puis conseiller en patrimoine financier chez BNP Paribas pendant trois ans.
Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
Mohamed EL IDRISSI : Ayant été salarié pendant quasiment cinq ans, j’avoue que j’apprécie vraiment aujourd’hui de travailler pour moi. J’ai le sens des responsabilités et je peux l’appliquer pleinement à mon propre emploi. De plus, la diversité des fonctions qu’implique le fait d’être chef d’entreprise me convient particulièrement. Enfin, je me découvre un goût pour le management d’équipe.
i[Twideco : Quelles sont vos origines sociales ?]b]i
Mohamed EL IDRISSI : Mon père est ouvrier et ma mère exerce l’emploi à temps plein de mère au foyer.
Twideco : Au cours de votre vie professionnelle ainsi qu’au moment de la création de votre société, votre couleur de peau vous a-t-elle été préjudiciable ?
Mohamed EL IDRISSI : Même si malheureusement le phénomène de la discrimination existe, je n’ai personnellement jamais eu à m’en plaindre. J’ai travaillé dans une grande banque française et ce, auprès d’une clientèle haut de gamme, sans que mes origines ne me posent de problèmes. J’ai toujours fait en sorte d’être disponible et digne de confiance.
Twideco : Vous a-t-on déjà déconseillé de poursuivre votre voie à cause de vos origines ?
Mohamed EL IDRISSI : Non, jamais.
Twideco : Pensez-vous avoir dû vous battre deux fois plus que tout un chacun pour arriver où vous en êtes aujourd’hui ?
Mohamed EL IDRISSI : Je ne sais pas si je me suis battu deux fois plus mais il est sûr que, compte tenu de mes origines sociales, je n’étais pas forcément destiné à faire les études que j’ai faites ni à avoir le parcours professionnel qui est le mien aujourd’hui. Même si je n’ai aucun mérite, je voudrais juste être, modestement, la preuve que l’on peut échapper à la reproduction sociale et que l’ascenseur social, même s’il ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait, n’est pas complètement en panne.
Twideco : Etait-ce une motivation supplémentaire ?
Mohamed EL IDRISSI : Je suis fils d’ouvrier et ne renie en rien cette origine sociale car mes parents m’ont inculqué des valeurs fortes telles que le respect, l’honnêteté et la persévérance. Néanmoins, ce qui, incontestablement représente une motivation, c’est la volonté d’échapper aux statistiques et à la réalité de la reproduction sociale. Même si nous, minorités, nous partons avec des chances différentes ou inégales, je pense que l’on est en partie maître d’une grande part de son destin. Quand on veut, on peut….même s’il existe des obstacles !
Twideco : Pensez-vous que les personnes de couleurs seraient moins prises au sérieux que les autres dans le monde des affaires ?
Mohamed EL IDRISSI : Je pense que le domaine des affaires est, comme celui du sport, plus tolérant que les autres. Il s’attache plus à la manière de créer de la richesse, d’instaurer des relations gagnant-gagnant qu’aux origines sociales et/ou ethniques.
Twideco : Que ressent-on face à la discrimination ?
Mohamed EL IDRISSI : J’imagine que l’on doit ressentir de l’incompréhension, de la révolte et un grand sentiment d’injustice. Le meilleur moyen de répondre à une discrimination serait peut-être de continuer à être fier de sa diversité car c’est une véritable richesse. Il faut garder la tête haute et avoir confiance en soi. Même si le phénomène de la discrimination est réel, je suis persuadé qu’il y a plus de personnes ouvertes d’esprit et tolérantes que de personnes pleines de préjugés.
Twideco : L’Etat devrait-il intervenir ?
Mohamed EL IDRISSI : L’Etat doit garantir l’égalité des droits et de ce fait, il doit naturellement sanctionner la discrimination qui constitue un délit.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entrepreneuriat des minorités ?
Mohamed EL IDRISSI : Les minorités sont très entreprenantes et le phénomène devrait s’accentuer. Je pense qu’il y a deux explications à cela. La première serait d’ordre culturel, le commerce occupant une place importante et valorisée dans les cultures d’origines maghrébine par exemple. La deuxième serait d’ordre sociologique. En effet, la difficulté de trouver un emploi malgré des diplômes incite à la création. L’absence de diplôme inciterait également à la création d’entreprise pour éviter les emplois manuels jugés trop pénibles. En tout cas, je le répète : Quand on veut, on peut….même s’il existe des obstacles ! Alors n’hésitez plus.
www.transpers.fr
Mylène JOUVE
TRANSPERS : TRANSPORT DE PERSONNES
TRANSPERS est une société de transport de personnes qui offre un service personnalisé 24H/24 et 7j/7 à un tarif attractif et connu à l'avance. Elle garantie la mise à disposition de véhicules avec chauffeurs pour un transport personnalisé 24H/24 et 7j/7. Elle assure les navettes vers les aéroports, gares, hôtels ou tout autre lieu défini à l'avance, l'accompagnement des dirigeants et collaborateurs d'entreprises vers leurs différents points de rendez vous, en optimisant leur trajets grâce au GPS, l’organisation de séminaires, congrès ou autres opérations évènementielles ainsi que le transport de personnes à mobilité réduite avec un véritable accompagnement. Les perspectives de Transpers pour 2010 se concentrent sur quatre axes stratégiques. L’objectif est de continuer la pénétration du marché des navettes aéroports, de développer les services aux entreprises et aux collectivités, de communiquer sur le transport aux personnes à mobilité réduite et enfin, d’accroitre sa flotte de véhicules et embaucher un chauffeur.
Quelques chiffres clés :
9000€ de capital social
3 associés / 3 véhicules
Quelques dates clés :
Mai 2009 : immatriculation / Juil. 2009 : début de l’activité
Mohamed EL IDRISSI : J’ai 32 ans. J’ai effectué mes études dans le domaine de l’économie et ai obtenu un DEA Economie et Finance à l’université d’Orléans ainsi qu’un DESS Epargne et Placements Financier à l’université d’Angers. Avant de créer ma société TRANSPERS, j’ai occupé le poste de conseiller clientèle à la Banque Populaire pendant un an et demi puis conseiller en patrimoine financier chez BNP Paribas pendant trois ans.
Twideco : Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?
Mohamed EL IDRISSI : Ayant été salarié pendant quasiment cinq ans, j’avoue que j’apprécie vraiment aujourd’hui de travailler pour moi. J’ai le sens des responsabilités et je peux l’appliquer pleinement à mon propre emploi. De plus, la diversité des fonctions qu’implique le fait d’être chef d’entreprise me convient particulièrement. Enfin, je me découvre un goût pour le management d’équipe.
i[Twideco : Quelles sont vos origines sociales ?]b]i
Mohamed EL IDRISSI : Mon père est ouvrier et ma mère exerce l’emploi à temps plein de mère au foyer.
Twideco : Au cours de votre vie professionnelle ainsi qu’au moment de la création de votre société, votre couleur de peau vous a-t-elle été préjudiciable ?
Mohamed EL IDRISSI : Même si malheureusement le phénomène de la discrimination existe, je n’ai personnellement jamais eu à m’en plaindre. J’ai travaillé dans une grande banque française et ce, auprès d’une clientèle haut de gamme, sans que mes origines ne me posent de problèmes. J’ai toujours fait en sorte d’être disponible et digne de confiance.
Twideco : Vous a-t-on déjà déconseillé de poursuivre votre voie à cause de vos origines ?
Mohamed EL IDRISSI : Non, jamais.
Twideco : Pensez-vous avoir dû vous battre deux fois plus que tout un chacun pour arriver où vous en êtes aujourd’hui ?
Mohamed EL IDRISSI : Je ne sais pas si je me suis battu deux fois plus mais il est sûr que, compte tenu de mes origines sociales, je n’étais pas forcément destiné à faire les études que j’ai faites ni à avoir le parcours professionnel qui est le mien aujourd’hui. Même si je n’ai aucun mérite, je voudrais juste être, modestement, la preuve que l’on peut échapper à la reproduction sociale et que l’ascenseur social, même s’il ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait, n’est pas complètement en panne.
Twideco : Etait-ce une motivation supplémentaire ?
Mohamed EL IDRISSI : Je suis fils d’ouvrier et ne renie en rien cette origine sociale car mes parents m’ont inculqué des valeurs fortes telles que le respect, l’honnêteté et la persévérance. Néanmoins, ce qui, incontestablement représente une motivation, c’est la volonté d’échapper aux statistiques et à la réalité de la reproduction sociale. Même si nous, minorités, nous partons avec des chances différentes ou inégales, je pense que l’on est en partie maître d’une grande part de son destin. Quand on veut, on peut….même s’il existe des obstacles !
Twideco : Pensez-vous que les personnes de couleurs seraient moins prises au sérieux que les autres dans le monde des affaires ?
Mohamed EL IDRISSI : Je pense que le domaine des affaires est, comme celui du sport, plus tolérant que les autres. Il s’attache plus à la manière de créer de la richesse, d’instaurer des relations gagnant-gagnant qu’aux origines sociales et/ou ethniques.
Twideco : Que ressent-on face à la discrimination ?
Mohamed EL IDRISSI : J’imagine que l’on doit ressentir de l’incompréhension, de la révolte et un grand sentiment d’injustice. Le meilleur moyen de répondre à une discrimination serait peut-être de continuer à être fier de sa diversité car c’est une véritable richesse. Il faut garder la tête haute et avoir confiance en soi. Même si le phénomène de la discrimination est réel, je suis persuadé qu’il y a plus de personnes ouvertes d’esprit et tolérantes que de personnes pleines de préjugés.
Twideco : L’Etat devrait-il intervenir ?
Mohamed EL IDRISSI : L’Etat doit garantir l’égalité des droits et de ce fait, il doit naturellement sanctionner la discrimination qui constitue un délit.
Twideco : Comment voyez-vous l’avenir concernant l’entrepreneuriat des minorités ?
Mohamed EL IDRISSI : Les minorités sont très entreprenantes et le phénomène devrait s’accentuer. Je pense qu’il y a deux explications à cela. La première serait d’ordre culturel, le commerce occupant une place importante et valorisée dans les cultures d’origines maghrébine par exemple. La deuxième serait d’ordre sociologique. En effet, la difficulté de trouver un emploi malgré des diplômes incite à la création. L’absence de diplôme inciterait également à la création d’entreprise pour éviter les emplois manuels jugés trop pénibles. En tout cas, je le répète : Quand on veut, on peut….même s’il existe des obstacles ! Alors n’hésitez plus.
www.transpers.fr
Mylène JOUVE
TRANSPERS : TRANSPORT DE PERSONNES
TRANSPERS est une société de transport de personnes qui offre un service personnalisé 24H/24 et 7j/7 à un tarif attractif et connu à l'avance. Elle garantie la mise à disposition de véhicules avec chauffeurs pour un transport personnalisé 24H/24 et 7j/7. Elle assure les navettes vers les aéroports, gares, hôtels ou tout autre lieu défini à l'avance, l'accompagnement des dirigeants et collaborateurs d'entreprises vers leurs différents points de rendez vous, en optimisant leur trajets grâce au GPS, l’organisation de séminaires, congrès ou autres opérations évènementielles ainsi que le transport de personnes à mobilité réduite avec un véritable accompagnement. Les perspectives de Transpers pour 2010 se concentrent sur quatre axes stratégiques. L’objectif est de continuer la pénétration du marché des navettes aéroports, de développer les services aux entreprises et aux collectivités, de communiquer sur le transport aux personnes à mobilité réduite et enfin, d’accroitre sa flotte de véhicules et embaucher un chauffeur.
Quelques chiffres clés :
9000€ de capital social
3 associés / 3 véhicules
Quelques dates clés :
Mai 2009 : immatriculation / Juil. 2009 : début de l’activité
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
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