Nombreux d’entres vous le savent, Twideco (d’abord TV et désormais également L’hebdo) est ma deuxième création d’entreprise. Vous remarquerez tout de suite le choix sémantique, « deuxième », car quand on n’a attrapé le virus, difficile de s’arrêter. PKM le disait dans le numéro précédent, « quand on a monté une boîte, on a du mal à attendre trop longtemps avant d’en monter d’autres ».
J’ai, comme presque nous tous, entrepreneurs, des idées plein les tiroirs – là encore le choix sémantique n’est pas un hasard, car un tiroir ça s’ouvre, au contraire du carton qui implique que l’on a rangé, voire abandonné, son idée. Je suis un entrepreneur et je suis une femme. La dénomination entrepreneuse, ne me plaît pas beaucoup, je ferais donc le choix du substantif masculin – les deux sont communément acceptés, ce choix est personnel, à mon goût, entrepreneuse implique une connotation avec les ouvrières des maisons dites « de tolérance », et les assimilations des femmes qui réussissent avec cette profession sont déjà suffisamment nombreuses pour ne pas en rajouter une couche. Cependant, encore une fois, c’est un parti pris, le mien, et il n’engage personne d’autre. Des idées, des projets pleins les tiroirs donc, comme tous les entrepreneurs, et pourtant, d’après les statistiques, il semblerait que nous ne soyons que 25% de femmes à diriger les entreprises du pays. Les raisons à ces chiffres si bas ont été maintes fois répétées, on le sait, bien souvent une femme attend d’avoir des enfants pour, peut-être un jour, passer à l’acte. D’autres créent après avoir enfanté, c’est le cas des mom’preneurs dont nous parlons dans l’article de fond « regard... sur » page 3, d’autres ne s’en sentent pas les moyens (financiers et/ou compétences techniques ou physiques – car il faut être sacrément résistant(e) pour partir de zéro et tout imaginer, tout gérer – nous reviendront sur cette question de la résistance, qui, à mon sens, est plus d’ordre psychologique que réel : de la gestion du personnel en passant par les retards de paiements ou encore les clients mécontents, il faut avoir les nerfs solides !). En posant la question à Paulette Picard, en interview centrale « rencontre de la semaine » en pages 8 et 9, de savoir si la comparaison pouvait être faite avec la discrimination raciale aux Etats-Unis dans les années 70, elle m’a répondu que c’était aller un peu loin. Et pourtant, on parle aujourd’hui de mettre en place des quotas : de la discrimination positive, pour que les femmes accèdent aux conseils d’administration ou aux hautes fonctions des entreprises ou de l’administration. On n’en est donc pas si loin. Dans un article paru dans le journal du Dimanche, le JDD daté du 16 janvier 2010, « La France est loin d’être exemplaire avec 8% de femmes dans les conseils des 500 premières entreprises. Pour changer la donne il faut un électrochoc sinon on va faire du surplace", affirme Jean-François Copé. A part Liliane Bettencourt de L’Oréal, quelle femme dirige une entreprise du CAC 40 ?
Intellectuellement il est évidemment dur d’admettre que seule la mise en place de tels quotas pourrait faire avancer les choses, mais au final, s’il s’agit de la seule méthode pour que nous, femmes, acceptions psychologiquement, que nous devons prendre notre place, et que vous, hommes, acceptiez de nous en laisser, quitte à vous effacer... Et bien alors, mettons en place des quotas. Le plus dur est de changer les mentalités, si l’État doit légiférer pour y parvenir, légiférons. Il aura bien fallu une grande guerre pour que nous comprenions que nous étions au moins aussi capables de diriger et de faire tourner un pays, des millions de morts, de jeunes de 18 ans tués dans les tranchées, ce n’est pas moins douloureux que de devoir accepter de mettre en place des quotas. Après avoir fait tourner un pays deux guerres mondiales en moins d’un demi-siècle, - sans compter la guerre de 1870 - ce n’est qu’en 1944, que nous avons enfin obtenu le droit de vote ! L’héritage millénaire que nous portons nous a endurci : enfanter est la chose la plus merveilleuse au monde, c’est ce qui nous donne le pouvoir absolu sur l’humanité, la faire perdurer, et l’événement le plus traumatisant physiquement : quel homme supporterait – malgré les antidouleurs la souffrance d’un accouchement et psychologiquement – quel homme accepterait dans sa chaire d’être un jour deux ? Cette capacité à endurer, à organiser, gérer, écouter, ce sont des héritages de nos mères et de nos grands-mères. Voilà bien la preuve que nous avons les compétences pour diriger, alors prenons les devants. Car si nous ne nous en sentons toujours pas capable, c’est que nous sommes également les héritières de millénaires de machisme, de millénaires où nous avons reçu pour toute instruction des éléments concernant la vie domestique. Nos mères et/ou grands-mères apprenaient à cuisiner et à coudre à l’école quand leurs camarades partaient en cours de sport. Certes, il fallait bien s’assurer de la bonne santé des futurs soldats, mais tout de même...
Laissons nos aînés et revenons à l’aube du troisième millénaire qui nous ouvre ses bras. En matière d’économie, comme de sport, je vous invite à ouvrir les pages de l’Equipe et à compter le nombre de femmes représentées... La problématique est réelle, et les enjeux au quotidien le prouvent. Les hommes affirment que s’ils étaient des femmes, ce serait plus facile de réussir : un petit sourire et le client signe en bas de la page. Parfois, c’est vrai, être une femme est un atout. Mais dans un monde à dominante masculine les jalousies, dès lors que l’on réussit, sont d’autant plus virulentes, les critiques plus acerbes. Nous le savons tous et toutes, pour qu’une femme soit prise au sérieux son charisme, sa détermination et ses compétences doivent être démultipliées. Le dirigeant doit être un modèle pour la société, pour ses collaborateurs, une femme doit démontrer d’autant plus ses capacités pour que les remarques graveleuses et les dérives assimilées à son sexe ne soient pas des façons détournées de « la remettre à sa place ». Dans l’esprit de nombreux de nos frères masculins, la femme n’est pas encore l’égale de l’homme, les différences de salaire à compétences et postes identiques qui persistent (une moyenne de 22%) en sont la preuve. Différents mais égaux dans l’entrepreneuriat ? Et si demain, la tendance venait à s’inverser ? A quoi ressemblera le monde de nos filles et de nos fils ? A nous, à elles et à eux, de l’inventer. En ce qui me concerne, je travaille sûrement plus dur que beaucoup d’hommes y compris mes amis entrepreneurs et ma réussite, qui suscite certaines jalousies, y compris chez mes confrères de la presse, me touche car elle est injuste (ils n’ont qu’à bosser plus) mais ne me bridera jamais dans l’accomplissement de mes projets. C’est ainsi, que vous avez aujourd’hui entre les mains cet hebdomadaire, et depuis près de deux ans, vos émissions de tv diffusées sur le web... Il fallait être folle pour entreprendre un pareil projet mon capitaine ? Je l’ai été, la suite à m’a donné raison.
Intellectuellement il est évidemment dur d’admettre que seule la mise en place de tels quotas pourrait faire avancer les choses, mais au final, s’il s’agit de la seule méthode pour que nous, femmes, acceptions psychologiquement, que nous devons prendre notre place, et que vous, hommes, acceptiez de nous en laisser, quitte à vous effacer... Et bien alors, mettons en place des quotas. Le plus dur est de changer les mentalités, si l’État doit légiférer pour y parvenir, légiférons. Il aura bien fallu une grande guerre pour que nous comprenions que nous étions au moins aussi capables de diriger et de faire tourner un pays, des millions de morts, de jeunes de 18 ans tués dans les tranchées, ce n’est pas moins douloureux que de devoir accepter de mettre en place des quotas. Après avoir fait tourner un pays deux guerres mondiales en moins d’un demi-siècle, - sans compter la guerre de 1870 - ce n’est qu’en 1944, que nous avons enfin obtenu le droit de vote ! L’héritage millénaire que nous portons nous a endurci : enfanter est la chose la plus merveilleuse au monde, c’est ce qui nous donne le pouvoir absolu sur l’humanité, la faire perdurer, et l’événement le plus traumatisant physiquement : quel homme supporterait – malgré les antidouleurs la souffrance d’un accouchement et psychologiquement – quel homme accepterait dans sa chaire d’être un jour deux ? Cette capacité à endurer, à organiser, gérer, écouter, ce sont des héritages de nos mères et de nos grands-mères. Voilà bien la preuve que nous avons les compétences pour diriger, alors prenons les devants. Car si nous ne nous en sentons toujours pas capable, c’est que nous sommes également les héritières de millénaires de machisme, de millénaires où nous avons reçu pour toute instruction des éléments concernant la vie domestique. Nos mères et/ou grands-mères apprenaient à cuisiner et à coudre à l’école quand leurs camarades partaient en cours de sport. Certes, il fallait bien s’assurer de la bonne santé des futurs soldats, mais tout de même...
Laissons nos aînés et revenons à l’aube du troisième millénaire qui nous ouvre ses bras. En matière d’économie, comme de sport, je vous invite à ouvrir les pages de l’Equipe et à compter le nombre de femmes représentées... La problématique est réelle, et les enjeux au quotidien le prouvent. Les hommes affirment que s’ils étaient des femmes, ce serait plus facile de réussir : un petit sourire et le client signe en bas de la page. Parfois, c’est vrai, être une femme est un atout. Mais dans un monde à dominante masculine les jalousies, dès lors que l’on réussit, sont d’autant plus virulentes, les critiques plus acerbes. Nous le savons tous et toutes, pour qu’une femme soit prise au sérieux son charisme, sa détermination et ses compétences doivent être démultipliées. Le dirigeant doit être un modèle pour la société, pour ses collaborateurs, une femme doit démontrer d’autant plus ses capacités pour que les remarques graveleuses et les dérives assimilées à son sexe ne soient pas des façons détournées de « la remettre à sa place ». Dans l’esprit de nombreux de nos frères masculins, la femme n’est pas encore l’égale de l’homme, les différences de salaire à compétences et postes identiques qui persistent (une moyenne de 22%) en sont la preuve. Différents mais égaux dans l’entrepreneuriat ? Et si demain, la tendance venait à s’inverser ? A quoi ressemblera le monde de nos filles et de nos fils ? A nous, à elles et à eux, de l’inventer. En ce qui me concerne, je travaille sûrement plus dur que beaucoup d’hommes y compris mes amis entrepreneurs et ma réussite, qui suscite certaines jalousies, y compris chez mes confrères de la presse, me touche car elle est injuste (ils n’ont qu’à bosser plus) mais ne me bridera jamais dans l’accomplissement de mes projets. C’est ainsi, que vous avez aujourd’hui entre les mains cet hebdomadaire, et depuis près de deux ans, vos émissions de tv diffusées sur le web... Il fallait être folle pour entreprendre un pareil projet mon capitaine ? Je l’ai été, la suite à m’a donné raison.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Mars 2010 à 08:00
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