En 2009, dans le Loiret, nous comptions 9400 associations tous secteurs confondus. Une association est la réunion de deux ou plusieurs personnes ayant un but, un intérêt commun, autre que de partager des bénéfices. Il est néanmoins nécessaire de subvenir aux dépenses courantes de l’association ; loyer d’une salle de danse, salaire d’un professeur, factures téléphoniques ou tout simplement chauffage. Ainsi, le caractère désintéressé interdisant la distribution de bénéfices - dits excédents - aux membres, n'implique pas que l'activité soit déficitaire ; un excédent peut servir à développer l’activité. La recherche d’équilibre entre dépenses et recettes représente le quotidien de toute association. Cet aspect économique pourrait-il, à lui seul, rapprocher le monde associatif du monde de l’entreprise ?
La comptabilité et la gestion d’une association ressemblent à celles d’une entreprise. La surveillance des comptes par un expert comptable n’est pas systématique au sein d’une association, mais elle permet l’établissement de comptes fiables et assure une présence rassurante pour les partenaires économiques et notamment ceux intervenant au titre des subventions. Dans le monde associatif, plus qu’ailleurs, savoir comment sont réparties les recettes des dons est souvent la question clé. Le commissaire aux comptes a également son rôle à jouer. Il existe des seuils et des obligations pour les associations au même titre que pour les entreprises. La loi oblige, en effet, à nommer un commissaire aux comptes dès lors que les subventions perçues par l’association s’élèvent à un montant supérieur à 153 000 euros. Les subventions existent mais leur attribution est très réglementée et la majorité des associations vivent sans.
Prenons le cas d’une association lambda qui fonctionne sur deux modèles économiques : le bénévolat et le salariat. L’association est constituée d’un conseil d’administration comprenant les organes de base nécessaires à toute association : un président, un secrétaire et un trésorier. Ces responsabilités sont assurées, comme dans la majorité des associations, par des bénévoles qui s’engagent à faire avancer la cause de l’association. Par ailleurs, l’association a besoin de salariés pour rendre les services correspondant à son objet social. Ces salariés assurent une prestation équivalente à toute autre entreprise.
Il existe plus d’un million d’associations en France et depuis longtemps, ce réseau se développe et se structure. Les associations proposant de plus en plus des services facturables à une clientèle, ne risquent-elles pas d’empiéter sur des marchés actuellement dominés par le monde de l’entreprise ? Ces deux entités à priori opposées ne finiraient-elles pas par entrer en concurrence ? Rien n’est moins sûr. En effet, ces deux mondes entretiennent des rapports bien plus complexes qu’un simple rapport de concurrence.
Aujourd’hui, sans le secteur associatif, la situation économique de notre pays serait beaucoup plus dramatique qu’elle ne l’est déjà. En fournissant un certains nombre d’emplois salariés, le secteur associatif joue un véritable rôle de moteur économique. Il remplit également un rôle de lien social en redonnant une activité à des personnes qui n’auraient plus de raison de se lever le matin. Ces personnes retrouvent, au travers de l’action associative, le sentiment d’être utile à la société. Le domaine associatif demeure la voiture balais de notre société mais il en est également la lanterne. C'est-à-dire qu’il joue également le rôle de laboratoire économique, trop souvent sous-estimé.
Ce tiers secteur de l’économie reste pourtant entaché d’une image économique négative. Les termes d’amateurs et de quémandeurs sont encore trop souvent associés à ce domaine. Or, le monde associatif n’est plus aussi insouciant qu’il a pu l’être par le passé. La réglementation y est pour beaucoup. En dix ans, de grandes évolutions au niveau comptabilité, droit du travail et fiscalité ont eu lieu. Aujourd’hui, les bénévoles ne sont plus simplement des amis qui se réunissent autour d’un projet et font au mieux, mais des conventions existent et les poussent à encadrer leurs activités. La législation a complexifié les choses et a imposé un certain sérieux.
Le but n’est pas de concurrencer le monde de l’entreprise même si la concurrence existe. Le monde associatif représente aujourd’hui un secteur extrêmement dynamique. Il couvre certains marchés non couverts par les entreprises car trop loin ou trop peu solvables. C’est un secteur très professionnel, en pleine possession d’un savoir-faire et soumis aux mêmes règles fiscales que les entreprises. Il prend ainsi sa place au sein du paysage économique et s’inscrit comme challenger pour la concurrence.
Néanmoins, ces deux mondes n’ayant pas les mêmes finalités, ils n’entreront jamais en collision. En effet, le but premier d’une association n’est pas de produire des services mais plutôt de permettre à certaines personnes de retrouver un emploi ou une raison de vivre. A l’inverse, le but premier de l’entreprise n’est pas de fournir un emploi à ses salariés mais plutôt de participer à l’économie mondiale en produisant des services, un savoir-faire unique et donc de créer de la richesse. Le but recherché n’étant pas le même, en créant une association ou une entreprise, c’est la finalité de ses deux mondes qui les différencie.
De plus, ce tiers secteur de l’économie fait appel à celui de l’entreprise pour survivre. Depuis ces dix dernières années, et ce, suite au grand désengagement de l’Etat, les associations pullulent. En effet, leur population cible, notamment dans le domaine du travail et du handicap, progresse rapidement et les sollicite de plus en plus. Par conséquent, les entreprises mécènes se trouvent dans l’obligation de faire des choix et arbitrages.
Pour favoriser les échanges entre entreprises et associations, le législateur a tranché en créant la loi sur le mécénat. Dans ce cadre-là, les entreprises se sentent plus sensibilisées à l’aspect fiscal de cette problématique. Grâce aux mesures de défiscalisation, pouvant aller jusqu’à 85% de la somme engagée, l’intervention financière de la structure mécène représente une somme relativement faible pour l’entreprise et devient un instrument fort de communication interne auprès de ses salariés et externe auprès de ses clients et fournisseurs, le tout pour le bien de la collectivité et donc de la société.
Nous l’avons vu, plus que deux mondes s’affrontant, si l’on maintenait la métaphore, la noblesse - ou l’entreprise - et le tiers-état - le monde associatif - de l’économie marchent bien main dans la main pour toujours plus d’échanges, de business et donc de vie.
Mylène JOUVE
Prenons le cas d’une association lambda qui fonctionne sur deux modèles économiques : le bénévolat et le salariat. L’association est constituée d’un conseil d’administration comprenant les organes de base nécessaires à toute association : un président, un secrétaire et un trésorier. Ces responsabilités sont assurées, comme dans la majorité des associations, par des bénévoles qui s’engagent à faire avancer la cause de l’association. Par ailleurs, l’association a besoin de salariés pour rendre les services correspondant à son objet social. Ces salariés assurent une prestation équivalente à toute autre entreprise.
Il existe plus d’un million d’associations en France et depuis longtemps, ce réseau se développe et se structure. Les associations proposant de plus en plus des services facturables à une clientèle, ne risquent-elles pas d’empiéter sur des marchés actuellement dominés par le monde de l’entreprise ? Ces deux entités à priori opposées ne finiraient-elles pas par entrer en concurrence ? Rien n’est moins sûr. En effet, ces deux mondes entretiennent des rapports bien plus complexes qu’un simple rapport de concurrence.
Aujourd’hui, sans le secteur associatif, la situation économique de notre pays serait beaucoup plus dramatique qu’elle ne l’est déjà. En fournissant un certains nombre d’emplois salariés, le secteur associatif joue un véritable rôle de moteur économique. Il remplit également un rôle de lien social en redonnant une activité à des personnes qui n’auraient plus de raison de se lever le matin. Ces personnes retrouvent, au travers de l’action associative, le sentiment d’être utile à la société. Le domaine associatif demeure la voiture balais de notre société mais il en est également la lanterne. C'est-à-dire qu’il joue également le rôle de laboratoire économique, trop souvent sous-estimé.
Ce tiers secteur de l’économie reste pourtant entaché d’une image économique négative. Les termes d’amateurs et de quémandeurs sont encore trop souvent associés à ce domaine. Or, le monde associatif n’est plus aussi insouciant qu’il a pu l’être par le passé. La réglementation y est pour beaucoup. En dix ans, de grandes évolutions au niveau comptabilité, droit du travail et fiscalité ont eu lieu. Aujourd’hui, les bénévoles ne sont plus simplement des amis qui se réunissent autour d’un projet et font au mieux, mais des conventions existent et les poussent à encadrer leurs activités. La législation a complexifié les choses et a imposé un certain sérieux.
Le but n’est pas de concurrencer le monde de l’entreprise même si la concurrence existe. Le monde associatif représente aujourd’hui un secteur extrêmement dynamique. Il couvre certains marchés non couverts par les entreprises car trop loin ou trop peu solvables. C’est un secteur très professionnel, en pleine possession d’un savoir-faire et soumis aux mêmes règles fiscales que les entreprises. Il prend ainsi sa place au sein du paysage économique et s’inscrit comme challenger pour la concurrence.
Néanmoins, ces deux mondes n’ayant pas les mêmes finalités, ils n’entreront jamais en collision. En effet, le but premier d’une association n’est pas de produire des services mais plutôt de permettre à certaines personnes de retrouver un emploi ou une raison de vivre. A l’inverse, le but premier de l’entreprise n’est pas de fournir un emploi à ses salariés mais plutôt de participer à l’économie mondiale en produisant des services, un savoir-faire unique et donc de créer de la richesse. Le but recherché n’étant pas le même, en créant une association ou une entreprise, c’est la finalité de ses deux mondes qui les différencie.
De plus, ce tiers secteur de l’économie fait appel à celui de l’entreprise pour survivre. Depuis ces dix dernières années, et ce, suite au grand désengagement de l’Etat, les associations pullulent. En effet, leur population cible, notamment dans le domaine du travail et du handicap, progresse rapidement et les sollicite de plus en plus. Par conséquent, les entreprises mécènes se trouvent dans l’obligation de faire des choix et arbitrages.
Pour favoriser les échanges entre entreprises et associations, le législateur a tranché en créant la loi sur le mécénat. Dans ce cadre-là, les entreprises se sentent plus sensibilisées à l’aspect fiscal de cette problématique. Grâce aux mesures de défiscalisation, pouvant aller jusqu’à 85% de la somme engagée, l’intervention financière de la structure mécène représente une somme relativement faible pour l’entreprise et devient un instrument fort de communication interne auprès de ses salariés et externe auprès de ses clients et fournisseurs, le tout pour le bien de la collectivité et donc de la société.
Nous l’avons vu, plus que deux mondes s’affrontant, si l’on maintenait la métaphore, la noblesse - ou l’entreprise - et le tiers-état - le monde associatif - de l’économie marchent bien main dans la main pour toujours plus d’échanges, de business et donc de vie.
Mylène JOUVE
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 8 Février 2010 à 07:00
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