Eric PERRIER, directeur de la R&D et président du GIE (Groupement d’Intérêt Economique) LVMH Recherche.
Passionné de biologie et de chimie, Eric Perrier est né le 6 novembre 1963 à Valence (Drôme). Après un parcours universitaire brillant, navigant entre chimie, physique et biologie, il dirige actuellement le GIE LVMH Recherche. Son amour de l’innovation n’aveugle en rien sa vision extrêmement claire de son rôle dans le tissu économique régional, national et international. Personnage discret, exalté, fortement engagé pour ses collaborateurs et pour les consommatrices finales des produits, qu’ils développent ensemble, Eric Perrier sait parler d’innovation, de molécules, de chimie ou de biologie en créant l’adhésion immédiate de son auditoire. Rencontre.
Twideco : Nous savons tous que vous êtes directeur de la R&D LVMH Recherche mais nous en savons un peu moins sur ce qui vous amené à ce poste. Pouvez-vous revenir en quelques phrases sur votre parcours ?
Eric PERRIER : Je me suis passionné très tôt, vers la 3ème, pour la frontière entre la biologie et la chimie. Je voulais savoir ce qui se cachait derrière la biologie et comprendre les réactions chimiques que la biologie implique. Tout au long de ma scolarité, j’ai toujours navigué entre ces deux secteurs : biologie et chimie. J’ai fait un bac C, plus axé physique-chimie que biologie, par définition. Puis, j’ai quitté Valence pour entrer à la fac de Lyon où j’ai préparé un DEUG de biologie. Ces deux années de DEUG passées et mon diplôme en poche, j’ai rejoint une école de chimie organique, l’ESIL, Ecole Supérieure de Chimie Industrielle de Lyon. A l’époque, cette grande école préparait à rentrer chez Rhône Poulenc, dans le couloir de la chimie, puisque la région lyonnaise est forte de grands noms de la chimie organique en générale, et de la chimie fine en particulier. J’avais toujours en tête la biologie mais le directeur de l’école m’avait décidé à y entrer en me disant : « Je comprends cette passion que vous avez pour la biologie mais, pour être bon en biologie, il faut être bon en chimie. » J’ai donc mis cela en pratique. J’ai travaillé sur la chimie et j’ai obtenu mon diplôme. Mais comme la biologie me tarabusquait encore fortement, je suis reparti à la fac pour effectuer un DEA de biotechnologie à l’université de Compiègne, la plus réputée dans ce domaine. J’avais compris que ce qui faisait que la biologie pouvait être utile à l’homme n’était finalement ni plus ni moins que la biotechnologie : la biologie utilisée par l’homme. Je suis donc sorti de mes études avec le double diplôme en poche et j’ai rejoint assez rapidement un groupe agro-industriel qui deviendra ensuite Cerestar puis Cargill. Nous avions des unités un peu partout en Europe mais en particulier un centre de recherche en périphérie de Bruxelles. Cette unité travaillait le blé et le maïs et développait ses produits et sous-produits. Mon activité consistait à impliquer la biotechnologie dans le secteur agroalimentaire, mais aussi dans des secteurs autres, en particulier la cosmétique et la pharmaceutique. Je suis resté quatre ans à Bruxelles puis j’ai rejoint en 1990 la société Coletica. C’était une petite PME lyonnaise, créé 4 ans plus tôt, qui avait comme champs d’action l’industrie de la cosmétique et de la pharmacie. Assez rapidement, la société s’est orientée en direction de la cosmétique uniquement. Quand je suis arrivé, nous étions une petite équipe de cinq chercheurs et quand je l’ai quittée en 2005, soit 15 ans plus tard, nous étions trente chercheurs à Lyon et trente chercheurs aux États-Unis soit soixante chercheurs dans le domaine de la recherche des ingrédients nouveaux pour l’industrie de la cosmétique.
Twideco : Comment êtes-vous entré chez LVMH et pourquoi ?
Eric PERRIER : Vous savez, Coletica a représenté 15 ans de pur plaisir. J’ai vu grandir une petite société à partir de rien et je l’ai quitté alors qu’elle était devenue une société établie et vraiment organisée. C’est ce qui me passionne dans la vie d’une PME. Il faut aussi dire que nos programmes de recherche étaient très intéressants et que nous étions capables d’apporter l’innovation à nos clients, grands noms de la cosmétique tels que, LVMH, Clarins, L’Oréal, Estée Lauder aux USA, Shiseido au Japon, etc. A ce moment-là, j’étais donc en relation avec les directeurs de la recherche et développement de toutes ces grandes maisons pour essayer d’élaborer avec eux des programmes de recherches. Quand l’opportunité d’un poste dans un grand groupe cosmétique s’est présentée à moi, je l’ai saisie. C’était un nouveau challenge, un monde un peu différent de celui que j’avais connu puisque je passais du B2B au B2C. Et puis, du côté de la problématique de l’innovation, je perdais le côté agile d’une PME pour un autre mode de fonctionnement. Je me suis rendu compte à ce moment-là qu’il faut très peu de choses, pour rendre une société agile et qu’il en faut également très peu aussi pour la rendre sclérosée.
Twideco : Ce côté agile d’une PME vous manque-t-il chez LVMH ?
Eric PERRIER : Non, car j’ai rejoint l’équipe LVMH Recherche qui est un Groupement d’Intérêt Économique. Ce GIE n’est finalement ni plus ni moins qu’une sorte de PME puisque nous ne comptons que 250 personnes. Cela s’apparenterait certes à une grosse PME, mais je veux dire par là que notre organisation découle encore d’une échelle humaine.
Twideco : Quelle est votre fonction exacte au sein de ce GIE ?
Eric PERRIER : Je suis directeur recherche et développement au sein du GIE mais je suis également président du collège des administrateurs. Il faut savoir que le GIE est une société indépendante qui compte comme actionnaires principaux Dior, Guerlain et Givenchy. Ces trois actionnaires ont décidé dans les années 1985 de mettre en commun leurs équipes de recherche afin de créer une synergie d’effet et posséder ainsi un centre de recherche plus important que chacun des trois centres de recherche qu’ils avaient et, qui étaient indépendants, à l’époque. Ils ont donc créé ce GIE et aujourd’hui, je suis à la fois directeur recherche et développement pour ces trois maisons : Dior, Guerlain et Givenchy, mais également président du collège des administrateurs du GIE.
Twideco : Comment fait-on pour être le directeur R&D de trois maisons si prestigieuses ? Quand un procédé innovant sur une crème de jour, par exemple, est créé à qui en revient l’usage : Guerlain, Givenchy ou Dior ?
Eric PERRIER : On me pose toujours cette question et il est très intéressant d’y répondre. L’Oréal possède plus de 20 ou 30 marques pour lesquelles ce sont leurs mêmes équipes de recherches qui travaillent. Nous connaissons un peu le même type de problématiques. Pour y remédier, nous écoutons énormément nos marques. Notre innovation doit correspondre à l’innovation que nos marques, et donc nos consommateurs, attendent. Ma passion, c’est l’innovation. J’aime créer toutes les conditions requises pour faire en sorte que l’innovation puisse émerger et rester dynamique dans un centre de recherche. L’innovation finalement ne peut fonctionner qu’à partir du moment où il y a écoute des consommateurs. Nous sommes d’ailleurs probablement le seul centre de recherche en France appliqué à la cosmétique dans lequel, au sein du centre de recherche, nous possédons aussi une équipe dédiée à l’étude des consommateurs. Notre objectif est clairement de découvrir quels seront les besoins et attentes des consommateurs dans les années à venir. Il faut prendre en compte les évolutions de la société, qui par exemple s’urbanise de plus en plus. Il existe partout des éléments contextuels de société qui représentent de vrais éclairages pour l’innovation en terme de packaging, de portabilité ou de façon d’utiliser les produits. Nous étudions également les utilisations des produits dans le monde. Comment sont-ils utilisés ? Avec du coton, avec les mains ou avec un gant ? Quels sont les gestes pour se démaquiller, pour le traitement de la peau ou pour appliquer un produit de soin ou un parfum ? Ces éléments sont extrêmement importants pour comprendre les attentes. C’est seulement ensuite que nous allons rentrer au niveau de la spécificité de la marque. Les clientes de Guerlain ne sont pas les clientes de Dior, ni celles de Givenchy ou de Kenzo. En écoutant les consommatrices, en les regardant travailler et en les regardant utiliser ces produits, nous comprenons finalement quelles sont les attentes particulières envers ces produits, quelle est leur marque de fabrique. Nous fonctionnons donc avec trois éclairages marchés donnés par nos équipes travaillant sur nos consommateurs. Parallèlement, nos équipes de chercheurs travaillent à la compréhension de la peau qui est, comme je le dis souvent, notre principale source d’innovation. En comprenant la peau, en comprenant comment elle réagit à des agressions extérieures ou revient à l’équilibre, à quelle vitesse et comment, nous pouvons développer des produits pour lutter contre le froid, le chaud ou toute autre agression. Nous nous devons de comprendre la peau à la fois macroscopiquement et microscopiquement. Dans ce cadre-là, notre approche est innovante. Nous observons les consommatrices, regardons leur peau, nous prenons des photos, mais en même temps, nous regardons à l’intérieur de la peau, en profondeur. Nous organisons régulièrement des symposiums partout dans le monde pour expliquer à la communauté scientifique ce que nous faisons et en quoi nos recherches peuvent apporter des éléments innovants qui nous permettent, là aussi, de découvrir de nouvelles façons d’appliquer des produits cosmétiques sur la peau. C’est donc la réunion de nos études consommateurs d’un côté et études scientifiques de l’autre qui nous permet d’innover en répondant à une marque plutôt qu’à une autre. Chaque marque possédant son propre ADN, nos recherches, de par leurs propres particularités, vont convenir plutôt à telle marque que telle autre. Je ne dirais pas pour autant que chaque marque peut être résumée à une seule notion mais seulement qu’elles sont suffisamment typées pour que les innovations de nos laboratoires soient présentées aux marques les plus sensibles. Dans les faits, nous présentons nos innovations aux trois marques en même temps et elles choisissent. La première a l’exclusivité mais globalement, il n’y a pas de problème d’une marque par rapport à l’autre puisque chaque marque est vraiment très différentes et possède ses propres demandes et envies et, c’est ça qui importe.
Twideco : Vous vous dites passionné d’innovation, alors entre recherche et innovation, quels sont les liens que vous faites ? A quel moment passe-t-on de recherche à innovation ?
Eric PERRIER : Chacun a sa définition mais voici la mienne. L’innovation, c’est le fait de découvrir un produit et surtout qu’il remporte un succès sur le marché, sinon il reste à l’étape de découverte. Pour moi, la définition est très claire. Une innovation est un produit qui rencontre ses consommateurs. Par contre, je fais une différence entre recherche et innovation collective ou recherche collective. Même si nous sommes le deuxième plus gros centre de recherche en cosmétique en France, nous conservons finalement une petite taille. Nous compensons par une grande agilité. Plutôt que de tout développer en interne, nous travaillons de trois façons différentes. D’abord, bien sûr, nous travaillons dans nos laboratoires, en interne. Mais nous considérons aussi que la recherche fondamentale permet de faire des grands pas dans la connaissance, aussi, ponctuellement, il nous arrive de travailler avec le CNRS, l’INSERM, l’IFREMER ou le CIRAD. Il nous arrive également de travailler avec d’autres centres de recherches fondamentales un peu partout dans le monde. Enfin, nous développons des partenariats avec nos fournisseurs parce que l’innovation peut jaillir de tous. Pour nous, tous ce qui est innovant est digne d’être étudié et d’être intégré dans des formules innovantes que nous proposons sur le marché. Notre recherche, vous le voyez, est vraiment ouverte : ouverte en direction de la recherche publique, des start-up, des PME, ou des fournisseurs et c’est grâce à cette ouverture que nous sommes très innovants.
Twideco : Quels est le business model d’un centre de recherche ? Comment génère-t-on de l’argent avec de la recherche?
Eric PERRIER : Le business model d’un centre de recherche, c’est... un centre de coûts. Nous investissons pour le compte des marques dans les programmes de recherche pour lesquels nous espérons proposer des produits qui vont réussir sur le marché et qui vont, de fait, aider les marques à financer notre centre de recherche d’une année sur l’autre. En pratique, chaque année, le budget du centre de recherche de l’année suivante est défini aux alentours du mois de septembre et nous planifions les investissements de chacune des maisons dans nos programmes de recherche.
Twideco : Peut-on avoir une idée du budget en question ?
Eric PERRIER : C’est une donnée confidentielle. Mais je peux vous assurer que ce sont des données significatives de recherche. Les collaborations avec les équipes universitaires et avec les PME représentent le deuxième plus gros budget de notre centre de recherche, après les salaires évidemment, puisque les salaires sont assez conséquents dans un centre de recherche, comme vous pouvez l’imaginer.
Twideco : Vous êtes entré chez LVMH en 2005. C’est justement l’année où la Cosmetic Valley a été labellisée pôle de compétitivité. Quelle responsabilité cela représente-t-il pour vous d’être directeur R&D LVMH au sein de la Cosmetic Valley quand on sait que LVMH-Dior est l’un des principaux piliers du pôle de compétitivité ?
Eric PERRIER : Pour vous répondre, je vais me replacer 5 ou 10 ans en arrière quand je travaillais à Lyon, au sein de la société Colectica puis Engelhard Personal Care. En Rhône-Alpes, même s’il se trouvait beaucoup de centres de recherche fondamentale de très haut niveau, des centres de recherches, des PME ou des grands groupes, il n’y avait pas de fabricants de produits cosmétiques. C’était une très grande faiblesse que ne connaît pas la Cosmetic Valley. Nous avons en région Centre une densité énorme de PME, de PMI, de centres de recherche, d’hôpitaux, d’universités qui peuvent être dédiés à la cosmétique ou qui le sont même déjà. C’est une chance incroyable car ceux qui fabriquent les produits finis, les donneurs d’ordre, sont là. En Rhône-Alpes, nous avions de magnifiques programmes de recherche, certes, mais nous n’avions pas les utilisateurs finaux présents sur place. J’avoue donc que j’ai une chance extraordinaire d’être au sien de la Cosmetic Valley régionalement parlant, car c’est un terreau extrêmement intéressant dans lequel nous allons pouvoir tisser des liens et faire en sorte de monter des programmes de recherche de très grande qualité. Nous pouvons faire ici de très belles choses tout en ayant des applications cosmétiques finales en impliquant le concret avec des PME, PMI ou start-up. C’est un gros avantage. Deuxièmement, pour vraiment répondre à votre question, il est évident que LVMH Recherche étant le plus gros centre de recherche de cosmétique de la Cosmetic Valley, on attend beaucoup de nous. Nous essayons de jouer notre rôle au mieux mais il ne faut pas oublier que la critique est facile. En faisant partie de la Cosmetic Valley, nous risquons la critique car en en faisant partie, nous touchons des subventions, or nous sommes déjà « riches ». D’un autre côté, si nous ne faisions pas partie de la Cosmetic Valley, nous risquerions de passer pour « snobs ». Vous voyez que c’est un peu compliqué. Nous avons donc décidé de participer à un certain nombre de programmes de recherche de la Cosmetic Valley. Nous recevons des subventions mais 100% de ces subventions sont réinjectées dans des contrats de sous-traitance ou dans des contrats de fournitures de travaux de recherche dans des PME ou des start-up qui ne font pas partie du consortium mais qui existent et sont, par conséquent, remarquées en tant que prestataires des consortiums.
Twideco : Après s’être fortement axé sur le cosméto-textile, aujourd’hui la Cosmetic Valley parle davantage, dans ses différents programmes de recherche, de « cosmetic & sensory ». Pour vous, quels sont les points de concordance et les différences entre ces deux notions ? Etait-ce une évolution logique ? Un axe de développement stratégique chez LVMH ?
Eric PERRIER : Le cosméto-textile n’a jamais été un produit phare chez LVMH donc, même si c’est un sujet très intéressant et un domaine où il peut y avoir de belles innovations, c’est quelque chose qui nous intéresse moyennement. Nous restons plus axés vers la cosmétique et la parfumerie assez classique, innovante mais classique. Dans ce sens-là, j’ai participé au congrès qui a eu lieu à Tours l’année dernière, « Sensory & Evaluation ». Nous posons la problématique de ce qui caractérise un produit de luxe dans le domaine du soin, du maquillage et du parfum. Finalement, ce qui crée notre différence, c’est l’extrêmement grande qualité de nos produits d’un point de vue sensoriel. Nos clients attendent de nos produits une qualité sensorielle extraordinaire tout en combinant l’efficacité biologique la plus forte possible. Le paradoxe persiste, ces deux notions sont forcément antinomiques. Le client attend de nous que nous lui fournissions les bons côtés de ces deux typologies de produits sans les mauvais côtés.
Twideco : Revenons sur la construction du bâtiment Hélios. Où en est-on ?
Eric PERRIER : Ce projet représentait une problématique technique très importante. Elle s’est même avérée à un moment donné quasiment insoluble. Le panier de basket en verre transparent au centre du bâtiment posait un problème de jonction. Nous avons pris beaucoup de retard en essayant de résoudre ce problème mais maintenant nous avons la solution. Le programme a suivi son court, nous avons travaillé sans cesse et nous espérons pouvoir signer dans le mois qui vient pour démarrer les travaux assez rapidement. Le bâtiment devrait pouvoir nous être livré début 2012.
Twideco : La création de ce bâtiment représente-t-elle un axe de développement stratégique important ?
Eric PERRIER : Tout à fait. Généralement, quand on construit un centre de recherche, on construit un bâtiment et on met une équipe dedans. Nous, nous avons pensé le bâtiment autour des équipes. Nous avons d’abord mimé en 3D les échanges entre les experts pour comprendre comment circulaient les produits et les personnes, comment travaillaient les gens entre eux et pour seulement ensuite, construire un bâtiment autour des ces flux. C’est une approche architecturale vraiment innovante et cela va nous permettre de gagner en convivialité. Demain, en 2012, nous aurons un bâtiment qui autorisera les visites et qui nous permettra d’avoir plus de relation avec la presse, ce qui n’est pas possible aujourd’hui.
Twideco : C’est finalement à la fois un outil de management et un outil de communication ?
Eric PERRIER : C’est d’abord un outil de travail dans le sens où, lorsqu’on se penche sur la circulation des personnes, des matières premières et des produits finis dans un centre de recherche classique comme le notre aujourd’hui, on se rend compte que le produit et les experts font des kilomètres pour arriver à se rencontrer. Nous avons donc imaginé une mise en interactions des experts et des produits dans un environnement proche les uns des autres et, je crois, qu’en termes de conception de bâtiment, c’est vraiment une grande première.
Twideco : Pour vous, COSM’Innov représente-t-il un événement important ? Allez-vous y participer ? De quelle manière ? Au niveau international, cela permet-il vraiment de donner de la visibilité aux différents travaux que vous menez ?
Eric PERRIER : Il existe un certain nombre de congrès internationaux un peu partout dans le monde. Néanmoins, je suis intimement convaincu que, du fait de la proximité de la Cosmetic Valley avec les centres de recherche, ce congrès va progressivement devenir un rendez-vous important en France. Je ne sais pas s’il développera forcément une aura internationale mais, en tout cas, avant de rêver cela, il faut déjà qu’il soit reconnu en France. Nous y participons bien sûr, un certain nombre de nos chercheurs seront présents lors de ces deux journées car nous pensons que, si un congrès de ce type est renouvelé de façon suffisamment régulière avec des thématiques homogènes d’une année sur l’autre, il ne peut que faire rayonner encore un peu plus le côté scientifique de la Cosmetic Valley. Et nous, en tant qu’LVMH Recherche, nous souhaitons apporter notre soutien le plus fort possible à ce rayonnement de l’esprit scientifique au sein de la Comestic Valley et appliqué à la cosmétique bien sûr.
Twideco : Que peut-on vous souhaiter maintenant ?
Eric PERRIER : Je souhaite que tout notre programme de construction Hélios fonctionne bien, que le bâtiment soit une réussite et qu’il arrive à nous apporter la satisfaction qu’on imagine. Vous savez, ce bâtiment, c’est un peu comme une maison personnelle que l’on attend. On espère beaucoup et puis on peut avoir de bonnes surprises comme de moins bonnes. Aussi, j’espère vraiment que tout se passera bien et surtout que ce sera un bâtiment dans lequel nos collaborateurs et collaboratrices aimeront vivre et j’irais même plus loin, qu’il donne envie à de nouveaux collaborateurs de nous rejoindre.
Eric PERRIER : Je me suis passionné très tôt, vers la 3ème, pour la frontière entre la biologie et la chimie. Je voulais savoir ce qui se cachait derrière la biologie et comprendre les réactions chimiques que la biologie implique. Tout au long de ma scolarité, j’ai toujours navigué entre ces deux secteurs : biologie et chimie. J’ai fait un bac C, plus axé physique-chimie que biologie, par définition. Puis, j’ai quitté Valence pour entrer à la fac de Lyon où j’ai préparé un DEUG de biologie. Ces deux années de DEUG passées et mon diplôme en poche, j’ai rejoint une école de chimie organique, l’ESIL, Ecole Supérieure de Chimie Industrielle de Lyon. A l’époque, cette grande école préparait à rentrer chez Rhône Poulenc, dans le couloir de la chimie, puisque la région lyonnaise est forte de grands noms de la chimie organique en générale, et de la chimie fine en particulier. J’avais toujours en tête la biologie mais le directeur de l’école m’avait décidé à y entrer en me disant : « Je comprends cette passion que vous avez pour la biologie mais, pour être bon en biologie, il faut être bon en chimie. » J’ai donc mis cela en pratique. J’ai travaillé sur la chimie et j’ai obtenu mon diplôme. Mais comme la biologie me tarabusquait encore fortement, je suis reparti à la fac pour effectuer un DEA de biotechnologie à l’université de Compiègne, la plus réputée dans ce domaine. J’avais compris que ce qui faisait que la biologie pouvait être utile à l’homme n’était finalement ni plus ni moins que la biotechnologie : la biologie utilisée par l’homme. Je suis donc sorti de mes études avec le double diplôme en poche et j’ai rejoint assez rapidement un groupe agro-industriel qui deviendra ensuite Cerestar puis Cargill. Nous avions des unités un peu partout en Europe mais en particulier un centre de recherche en périphérie de Bruxelles. Cette unité travaillait le blé et le maïs et développait ses produits et sous-produits. Mon activité consistait à impliquer la biotechnologie dans le secteur agroalimentaire, mais aussi dans des secteurs autres, en particulier la cosmétique et la pharmaceutique. Je suis resté quatre ans à Bruxelles puis j’ai rejoint en 1990 la société Coletica. C’était une petite PME lyonnaise, créé 4 ans plus tôt, qui avait comme champs d’action l’industrie de la cosmétique et de la pharmacie. Assez rapidement, la société s’est orientée en direction de la cosmétique uniquement. Quand je suis arrivé, nous étions une petite équipe de cinq chercheurs et quand je l’ai quittée en 2005, soit 15 ans plus tard, nous étions trente chercheurs à Lyon et trente chercheurs aux États-Unis soit soixante chercheurs dans le domaine de la recherche des ingrédients nouveaux pour l’industrie de la cosmétique.
Twideco : Comment êtes-vous entré chez LVMH et pourquoi ?
Eric PERRIER : Vous savez, Coletica a représenté 15 ans de pur plaisir. J’ai vu grandir une petite société à partir de rien et je l’ai quitté alors qu’elle était devenue une société établie et vraiment organisée. C’est ce qui me passionne dans la vie d’une PME. Il faut aussi dire que nos programmes de recherche étaient très intéressants et que nous étions capables d’apporter l’innovation à nos clients, grands noms de la cosmétique tels que, LVMH, Clarins, L’Oréal, Estée Lauder aux USA, Shiseido au Japon, etc. A ce moment-là, j’étais donc en relation avec les directeurs de la recherche et développement de toutes ces grandes maisons pour essayer d’élaborer avec eux des programmes de recherches. Quand l’opportunité d’un poste dans un grand groupe cosmétique s’est présentée à moi, je l’ai saisie. C’était un nouveau challenge, un monde un peu différent de celui que j’avais connu puisque je passais du B2B au B2C. Et puis, du côté de la problématique de l’innovation, je perdais le côté agile d’une PME pour un autre mode de fonctionnement. Je me suis rendu compte à ce moment-là qu’il faut très peu de choses, pour rendre une société agile et qu’il en faut également très peu aussi pour la rendre sclérosée.
Twideco : Ce côté agile d’une PME vous manque-t-il chez LVMH ?
Eric PERRIER : Non, car j’ai rejoint l’équipe LVMH Recherche qui est un Groupement d’Intérêt Économique. Ce GIE n’est finalement ni plus ni moins qu’une sorte de PME puisque nous ne comptons que 250 personnes. Cela s’apparenterait certes à une grosse PME, mais je veux dire par là que notre organisation découle encore d’une échelle humaine.
Twideco : Quelle est votre fonction exacte au sein de ce GIE ?
Eric PERRIER : Je suis directeur recherche et développement au sein du GIE mais je suis également président du collège des administrateurs. Il faut savoir que le GIE est une société indépendante qui compte comme actionnaires principaux Dior, Guerlain et Givenchy. Ces trois actionnaires ont décidé dans les années 1985 de mettre en commun leurs équipes de recherche afin de créer une synergie d’effet et posséder ainsi un centre de recherche plus important que chacun des trois centres de recherche qu’ils avaient et, qui étaient indépendants, à l’époque. Ils ont donc créé ce GIE et aujourd’hui, je suis à la fois directeur recherche et développement pour ces trois maisons : Dior, Guerlain et Givenchy, mais également président du collège des administrateurs du GIE.
Twideco : Comment fait-on pour être le directeur R&D de trois maisons si prestigieuses ? Quand un procédé innovant sur une crème de jour, par exemple, est créé à qui en revient l’usage : Guerlain, Givenchy ou Dior ?
Eric PERRIER : On me pose toujours cette question et il est très intéressant d’y répondre. L’Oréal possède plus de 20 ou 30 marques pour lesquelles ce sont leurs mêmes équipes de recherches qui travaillent. Nous connaissons un peu le même type de problématiques. Pour y remédier, nous écoutons énormément nos marques. Notre innovation doit correspondre à l’innovation que nos marques, et donc nos consommateurs, attendent. Ma passion, c’est l’innovation. J’aime créer toutes les conditions requises pour faire en sorte que l’innovation puisse émerger et rester dynamique dans un centre de recherche. L’innovation finalement ne peut fonctionner qu’à partir du moment où il y a écoute des consommateurs. Nous sommes d’ailleurs probablement le seul centre de recherche en France appliqué à la cosmétique dans lequel, au sein du centre de recherche, nous possédons aussi une équipe dédiée à l’étude des consommateurs. Notre objectif est clairement de découvrir quels seront les besoins et attentes des consommateurs dans les années à venir. Il faut prendre en compte les évolutions de la société, qui par exemple s’urbanise de plus en plus. Il existe partout des éléments contextuels de société qui représentent de vrais éclairages pour l’innovation en terme de packaging, de portabilité ou de façon d’utiliser les produits. Nous étudions également les utilisations des produits dans le monde. Comment sont-ils utilisés ? Avec du coton, avec les mains ou avec un gant ? Quels sont les gestes pour se démaquiller, pour le traitement de la peau ou pour appliquer un produit de soin ou un parfum ? Ces éléments sont extrêmement importants pour comprendre les attentes. C’est seulement ensuite que nous allons rentrer au niveau de la spécificité de la marque. Les clientes de Guerlain ne sont pas les clientes de Dior, ni celles de Givenchy ou de Kenzo. En écoutant les consommatrices, en les regardant travailler et en les regardant utiliser ces produits, nous comprenons finalement quelles sont les attentes particulières envers ces produits, quelle est leur marque de fabrique. Nous fonctionnons donc avec trois éclairages marchés donnés par nos équipes travaillant sur nos consommateurs. Parallèlement, nos équipes de chercheurs travaillent à la compréhension de la peau qui est, comme je le dis souvent, notre principale source d’innovation. En comprenant la peau, en comprenant comment elle réagit à des agressions extérieures ou revient à l’équilibre, à quelle vitesse et comment, nous pouvons développer des produits pour lutter contre le froid, le chaud ou toute autre agression. Nous nous devons de comprendre la peau à la fois macroscopiquement et microscopiquement. Dans ce cadre-là, notre approche est innovante. Nous observons les consommatrices, regardons leur peau, nous prenons des photos, mais en même temps, nous regardons à l’intérieur de la peau, en profondeur. Nous organisons régulièrement des symposiums partout dans le monde pour expliquer à la communauté scientifique ce que nous faisons et en quoi nos recherches peuvent apporter des éléments innovants qui nous permettent, là aussi, de découvrir de nouvelles façons d’appliquer des produits cosmétiques sur la peau. C’est donc la réunion de nos études consommateurs d’un côté et études scientifiques de l’autre qui nous permet d’innover en répondant à une marque plutôt qu’à une autre. Chaque marque possédant son propre ADN, nos recherches, de par leurs propres particularités, vont convenir plutôt à telle marque que telle autre. Je ne dirais pas pour autant que chaque marque peut être résumée à une seule notion mais seulement qu’elles sont suffisamment typées pour que les innovations de nos laboratoires soient présentées aux marques les plus sensibles. Dans les faits, nous présentons nos innovations aux trois marques en même temps et elles choisissent. La première a l’exclusivité mais globalement, il n’y a pas de problème d’une marque par rapport à l’autre puisque chaque marque est vraiment très différentes et possède ses propres demandes et envies et, c’est ça qui importe.
Twideco : Vous vous dites passionné d’innovation, alors entre recherche et innovation, quels sont les liens que vous faites ? A quel moment passe-t-on de recherche à innovation ?
Eric PERRIER : Chacun a sa définition mais voici la mienne. L’innovation, c’est le fait de découvrir un produit et surtout qu’il remporte un succès sur le marché, sinon il reste à l’étape de découverte. Pour moi, la définition est très claire. Une innovation est un produit qui rencontre ses consommateurs. Par contre, je fais une différence entre recherche et innovation collective ou recherche collective. Même si nous sommes le deuxième plus gros centre de recherche en cosmétique en France, nous conservons finalement une petite taille. Nous compensons par une grande agilité. Plutôt que de tout développer en interne, nous travaillons de trois façons différentes. D’abord, bien sûr, nous travaillons dans nos laboratoires, en interne. Mais nous considérons aussi que la recherche fondamentale permet de faire des grands pas dans la connaissance, aussi, ponctuellement, il nous arrive de travailler avec le CNRS, l’INSERM, l’IFREMER ou le CIRAD. Il nous arrive également de travailler avec d’autres centres de recherches fondamentales un peu partout dans le monde. Enfin, nous développons des partenariats avec nos fournisseurs parce que l’innovation peut jaillir de tous. Pour nous, tous ce qui est innovant est digne d’être étudié et d’être intégré dans des formules innovantes que nous proposons sur le marché. Notre recherche, vous le voyez, est vraiment ouverte : ouverte en direction de la recherche publique, des start-up, des PME, ou des fournisseurs et c’est grâce à cette ouverture que nous sommes très innovants.
Twideco : Quels est le business model d’un centre de recherche ? Comment génère-t-on de l’argent avec de la recherche?
Eric PERRIER : Le business model d’un centre de recherche, c’est... un centre de coûts. Nous investissons pour le compte des marques dans les programmes de recherche pour lesquels nous espérons proposer des produits qui vont réussir sur le marché et qui vont, de fait, aider les marques à financer notre centre de recherche d’une année sur l’autre. En pratique, chaque année, le budget du centre de recherche de l’année suivante est défini aux alentours du mois de septembre et nous planifions les investissements de chacune des maisons dans nos programmes de recherche.
Twideco : Peut-on avoir une idée du budget en question ?
Eric PERRIER : C’est une donnée confidentielle. Mais je peux vous assurer que ce sont des données significatives de recherche. Les collaborations avec les équipes universitaires et avec les PME représentent le deuxième plus gros budget de notre centre de recherche, après les salaires évidemment, puisque les salaires sont assez conséquents dans un centre de recherche, comme vous pouvez l’imaginer.
Twideco : Vous êtes entré chez LVMH en 2005. C’est justement l’année où la Cosmetic Valley a été labellisée pôle de compétitivité. Quelle responsabilité cela représente-t-il pour vous d’être directeur R&D LVMH au sein de la Cosmetic Valley quand on sait que LVMH-Dior est l’un des principaux piliers du pôle de compétitivité ?
Eric PERRIER : Pour vous répondre, je vais me replacer 5 ou 10 ans en arrière quand je travaillais à Lyon, au sein de la société Colectica puis Engelhard Personal Care. En Rhône-Alpes, même s’il se trouvait beaucoup de centres de recherche fondamentale de très haut niveau, des centres de recherches, des PME ou des grands groupes, il n’y avait pas de fabricants de produits cosmétiques. C’était une très grande faiblesse que ne connaît pas la Cosmetic Valley. Nous avons en région Centre une densité énorme de PME, de PMI, de centres de recherche, d’hôpitaux, d’universités qui peuvent être dédiés à la cosmétique ou qui le sont même déjà. C’est une chance incroyable car ceux qui fabriquent les produits finis, les donneurs d’ordre, sont là. En Rhône-Alpes, nous avions de magnifiques programmes de recherche, certes, mais nous n’avions pas les utilisateurs finaux présents sur place. J’avoue donc que j’ai une chance extraordinaire d’être au sien de la Cosmetic Valley régionalement parlant, car c’est un terreau extrêmement intéressant dans lequel nous allons pouvoir tisser des liens et faire en sorte de monter des programmes de recherche de très grande qualité. Nous pouvons faire ici de très belles choses tout en ayant des applications cosmétiques finales en impliquant le concret avec des PME, PMI ou start-up. C’est un gros avantage. Deuxièmement, pour vraiment répondre à votre question, il est évident que LVMH Recherche étant le plus gros centre de recherche de cosmétique de la Cosmetic Valley, on attend beaucoup de nous. Nous essayons de jouer notre rôle au mieux mais il ne faut pas oublier que la critique est facile. En faisant partie de la Cosmetic Valley, nous risquons la critique car en en faisant partie, nous touchons des subventions, or nous sommes déjà « riches ». D’un autre côté, si nous ne faisions pas partie de la Cosmetic Valley, nous risquerions de passer pour « snobs ». Vous voyez que c’est un peu compliqué. Nous avons donc décidé de participer à un certain nombre de programmes de recherche de la Cosmetic Valley. Nous recevons des subventions mais 100% de ces subventions sont réinjectées dans des contrats de sous-traitance ou dans des contrats de fournitures de travaux de recherche dans des PME ou des start-up qui ne font pas partie du consortium mais qui existent et sont, par conséquent, remarquées en tant que prestataires des consortiums.
Twideco : Après s’être fortement axé sur le cosméto-textile, aujourd’hui la Cosmetic Valley parle davantage, dans ses différents programmes de recherche, de « cosmetic & sensory ». Pour vous, quels sont les points de concordance et les différences entre ces deux notions ? Etait-ce une évolution logique ? Un axe de développement stratégique chez LVMH ?
Eric PERRIER : Le cosméto-textile n’a jamais été un produit phare chez LVMH donc, même si c’est un sujet très intéressant et un domaine où il peut y avoir de belles innovations, c’est quelque chose qui nous intéresse moyennement. Nous restons plus axés vers la cosmétique et la parfumerie assez classique, innovante mais classique. Dans ce sens-là, j’ai participé au congrès qui a eu lieu à Tours l’année dernière, « Sensory & Evaluation ». Nous posons la problématique de ce qui caractérise un produit de luxe dans le domaine du soin, du maquillage et du parfum. Finalement, ce qui crée notre différence, c’est l’extrêmement grande qualité de nos produits d’un point de vue sensoriel. Nos clients attendent de nos produits une qualité sensorielle extraordinaire tout en combinant l’efficacité biologique la plus forte possible. Le paradoxe persiste, ces deux notions sont forcément antinomiques. Le client attend de nous que nous lui fournissions les bons côtés de ces deux typologies de produits sans les mauvais côtés.
Twideco : Revenons sur la construction du bâtiment Hélios. Où en est-on ?
Eric PERRIER : Ce projet représentait une problématique technique très importante. Elle s’est même avérée à un moment donné quasiment insoluble. Le panier de basket en verre transparent au centre du bâtiment posait un problème de jonction. Nous avons pris beaucoup de retard en essayant de résoudre ce problème mais maintenant nous avons la solution. Le programme a suivi son court, nous avons travaillé sans cesse et nous espérons pouvoir signer dans le mois qui vient pour démarrer les travaux assez rapidement. Le bâtiment devrait pouvoir nous être livré début 2012.
Twideco : La création de ce bâtiment représente-t-elle un axe de développement stratégique important ?
Eric PERRIER : Tout à fait. Généralement, quand on construit un centre de recherche, on construit un bâtiment et on met une équipe dedans. Nous, nous avons pensé le bâtiment autour des équipes. Nous avons d’abord mimé en 3D les échanges entre les experts pour comprendre comment circulaient les produits et les personnes, comment travaillaient les gens entre eux et pour seulement ensuite, construire un bâtiment autour des ces flux. C’est une approche architecturale vraiment innovante et cela va nous permettre de gagner en convivialité. Demain, en 2012, nous aurons un bâtiment qui autorisera les visites et qui nous permettra d’avoir plus de relation avec la presse, ce qui n’est pas possible aujourd’hui.
Twideco : C’est finalement à la fois un outil de management et un outil de communication ?
Eric PERRIER : C’est d’abord un outil de travail dans le sens où, lorsqu’on se penche sur la circulation des personnes, des matières premières et des produits finis dans un centre de recherche classique comme le notre aujourd’hui, on se rend compte que le produit et les experts font des kilomètres pour arriver à se rencontrer. Nous avons donc imaginé une mise en interactions des experts et des produits dans un environnement proche les uns des autres et, je crois, qu’en termes de conception de bâtiment, c’est vraiment une grande première.
Twideco : Pour vous, COSM’Innov représente-t-il un événement important ? Allez-vous y participer ? De quelle manière ? Au niveau international, cela permet-il vraiment de donner de la visibilité aux différents travaux que vous menez ?
Eric PERRIER : Il existe un certain nombre de congrès internationaux un peu partout dans le monde. Néanmoins, je suis intimement convaincu que, du fait de la proximité de la Cosmetic Valley avec les centres de recherche, ce congrès va progressivement devenir un rendez-vous important en France. Je ne sais pas s’il développera forcément une aura internationale mais, en tout cas, avant de rêver cela, il faut déjà qu’il soit reconnu en France. Nous y participons bien sûr, un certain nombre de nos chercheurs seront présents lors de ces deux journées car nous pensons que, si un congrès de ce type est renouvelé de façon suffisamment régulière avec des thématiques homogènes d’une année sur l’autre, il ne peut que faire rayonner encore un peu plus le côté scientifique de la Cosmetic Valley. Et nous, en tant qu’LVMH Recherche, nous souhaitons apporter notre soutien le plus fort possible à ce rayonnement de l’esprit scientifique au sein de la Comestic Valley et appliqué à la cosmétique bien sûr.
Twideco : Que peut-on vous souhaiter maintenant ?
Eric PERRIER : Je souhaite que tout notre programme de construction Hélios fonctionne bien, que le bâtiment soit une réussite et qu’il arrive à nous apporter la satisfaction qu’on imagine. Vous savez, ce bâtiment, c’est un peu comme une maison personnelle que l’on attend. On espère beaucoup et puis on peut avoir de bonnes surprises comme de moins bonnes. Aussi, j’espère vraiment que tout se passera bien et surtout que ce sera un bâtiment dans lequel nos collaborateurs et collaboratrices aimeront vivre et j’irais même plus loin, qu’il donne envie à de nouveaux collaborateurs de nous rejoindre.
Rédigé par Lucie BRASSEUR le Lundi 22 Mars 2010 à 09:58
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