Mylène Jouve :
Est-ce qu'en période de crise il est possible d'investir dans l'innovation ?
Claudie Haigneré :
L'investissement dans la formation, dans l'éducation, dans l'immatériel est vraiment quelque chose d'essentiel. Il faut investir dans l'infrastructure et le matériel, on en a besoin, mais le point essentiel de cette crise nous impose de reconsidérer les modèles.
La compétitivité apporte beaucoup, mais il n'y a pas qu'une sorte de compétitivité : les chinois ont leur type de compétitivité, les américains également, est-ce que nous européens nous ne pouvons pas avoir notre modèle de compétitivité ? Cette forme d'innovation est très fortement ancrée sur l'immatériel.
L'investissement dans l'immatériel est selon moi important, encore faut-il que nous soyons convaincants pour faire passer la notion d'investissement et de dépenses d'avenir, mais c'est fondamental pour se donner des avantages compétitifs.
Mylène Jouve :
Dans quelle mesure ?
Claudie Haigneré :
C'est difficile de vous répondre précisément, en tout cas il ne faut pas se dire qu'on ne fait que de l'investissement matériel, sans oublier la façon dont on peut l'utiliser, le produire. L'investissement immatériel se fait sur le long terme : quand vous parlez formation, éducation, vous formez des enfants qui seront les innovants du futur. Ce n'est pas chiffrable de la même façon. Ceux qui investiront sur l'immatériel et la formation seront ceux qui feront émerger les talents et l'intelligence collective pour le futur.
Hugues Laporte-Weywada :
L'innovation et la recherche d'aujourd'hui c'est la compétitivité de demain, et en temps de crise, quand la situation est plus dure, les grands groupes comme celui que je représente ici (Astrium EADS) ou les sociétés de tailles plus petite sont confrontés à la réalité de la difficulté d'investir dans la recherche est l'avenir. Or, la recherche c'est l'avenir, l'innovation c'est l'avenir, et les applications que nous avons aujourd'hui sont le fruit de la recherche d'hier.